Pensées pour moi-même
Texto / traducción : Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805–1895) · Edición : 1876
Los textos históricos pueden utilizar ortografía o vocabulario antiguos. Se conserva la edición original; no es una nueva traducción.
Fuente y ediciónLivre VII (continuación)
XXXV. Extrait de Platon[71] :
« Mais crois-tu que celui dont la pensée est pleine de grandeur, et qui contemple tous les temps et tous les êtres, puisse regarder la vie qu’on passe ici-bas comme quelque chose de bien important ?
« — C’est impossible.
« — Ainsi la mort ne devra pas lui paraître à craindre ?
« — Non. »
XXXVI. Sentence d’Antisthène[72] :
« Quand on fait le bien, c’est chose vraiment royale de s’entendre calomnier. »
XXXVII. Il est assez honteux que notre visage nous obéisse docilement[73], qu’il prenne l’air que nous lui donnons, qu’il réponde si bien aux ordres de notre volonté, et que notre volonté sache si peu s’obéir à elle-même et se composer à son gré.
XXXVIII. « À quoi bon s’emporter[74] jamais contre les choses, Qui ne font aucun cas de notre vain courroux ? »
XXXIX. « Donne-nous le plaisir[75], aux Dieux ainsi qu’à nous. »
XL. « Nos jours sont moissonnés[76] ainsi que des épis, Dont l’un est déjà mûr quand l’autre est vert à peine ».
XLI. « Si les Dieux m’ont frappé[77], mes deux enfants et moi, C’est qu’ils ont leur raison pour cette rude loi. »
XLII. « Le bien et la justice[78] ont pris parti pour moi. »
XLIII. Ne pas se lamenter avec les autres hommes, ne pas palpiter comme eux[79].
XLIV. Extraits de Platon[80] : « Je puis répondre avec raison à qui me ferait cette objection : Vous êtes dans l’erreur si vous croyez qu’un homme, qui vaut quelque chose, doit considérer les chances de la vie ou de la mort, au lieu de chercher seulement dans toutes ses démarches si ce qu’il fait est juste ou injuste, et si c’est l’action d’un homme de bien ou d’un méchant. »
XLV. « Et en effet, Athéniens, c’est ainsi qu’il en doit être. Tout homme qui a choisi un poste parce qu’il le jugeait le plus honorable, ou qui y a été placé par son chef, doit, à mon avis, y demeurer ferme et ne considérer ni la mort, ni le péril, ni rien autre chose que l’honneur. »
XLVI. « Mon cher, prends bien garde[81] qu’être vertueux et bon ne soit autre chose que se tirer d’affaire, soi et les autres. Vois si celui qui est vraiment homme ne doit point négliger le plus ou moins de temps qu’il pourra vivre, et se montrer peu amoureux de l’existence, et s’il ne faut pas, laissant à Dieu le soin de tout cela, et ajoutant foi à ce que disent les femmes, que personne n’a jamais échappé à son heure fatale, s’occuper de quelle manière on s’y prendra pour passer le mieux qu’il est possible le temps qu’on a à vivre. »
XLVII. Étudier le cours des astres[82], en se disant qu’on est emporté avec eux[83] dans leur cercle, et penser souvent aux permutations des éléments les uns dans les autres[84]. Des considérations de cet ordre purifient la vie terrestre[85] de ses souillures.
XLVIII. Voici une belle pensée de Platon[86] :
« Quand on veut parler convenablement des choses humaines, il faut s’occuper aussi de toutes celles qui se présentent sur terre, en les considérant en quelque sorte de haut, pour en connaître la source et la valeur : immenses agglomérations d’individus, expéditions guerrières, agriculture, mariages, dissensions, naissances, morts, disputes des tribunaux, contrées désertes, peuples barbares de toute espèce, fêtes solennelles, lamentations funèbres, assemblées publiques ; il faut voir ce mélange de toutes choses, et l’harmonie qui sort de cette foule d’éléments contraires. »
XLIX. Étudier le passé en remontant les siècles[87], et considérer les révolutions si nombreuses des Empires. Par ce moyen, on peut se faire une idée assez exacte de l’avenir ; car tous les événements futurs seront analogues à ceux du passé, et les choses ne peuvent pas sortir de l’ordre qu’elles suivent sous nos yeux. Ainsi, il est parfaitement égal de faire l’histoire humaine, ou pendant quarante ans, ou pendant quelques milliers d’années. Que pourrait-on voir de plus ?
L. « Ce que la terre enfante[88] en son sein rentrera ; Ce que l’air a produit dans l’air retournera, Absorbé par le ciel, et par sa sphère immense. »
Ou bien, c’est une simple dissolution[89] d’organisations antérieures en atomes ; et cette dispersion, quelle qu’elle soit, ne porte que sur des éléments qui ne sentent rien[90].
LI. « Tout est vain[91] : aliments, boissons, philtres, magie, Pour repousser la mort et sauver notre vie. » « Le vent qui nous emporte[92] est soufflé par les Dieux ; Il nous faut l’accepter sans pleurs, ni cris honteux. »
LII. Un tel est plus adroit à la lutte[93]. C’est vrai ; mais il n’est pas plus dévoué à l’intérêt commun ; il n’est pas plus modeste ; il n’est pas plus doux ; il n’est pas plus indulgent pour les erreurs de son prochain.
LIII. Quand une œuvre peut être accomplie conformément aux lois de la raison, qui régit également les Dieux et les hommes[94], on doit faire cette œuvre en toute sécurité ; car, dès que l’on peut atteindre un but utile, par une action régulière qui se développe selon les lois de l’organisation générale des choses[95], il n’y a jamais à craindre qu’on puisse en souffrir l’ombre d’un dommage.
LIV. Partout et toujours, trois choses dépendent uniquement de toi[96] : accepter avec joie, et par pieuse obéissance aux Dieux, la destinée qui t’est faite présentement ; te conduire selon la justice envers les hommes avec qui tu vis à présent ; enfin, soumettre l’idée présente que tu as à un examen qui en éloigne toute erreur.
LV. Ne regarde pas à ce que font les autres[97], sous la conduite de leur propre raison ; mais dirige exclusivement tes yeux sur la route que te trace la nature : et d’abord, la nature de l’univers, manifestée par les événements qui t’arrivent ; et ensuite, ta nature personnelle, qui se manifeste par les devoirs que tu as à remplir. Or, pour tout être, le devoir est la conséquence de l’organisation[98]. Mais c’est en vue des êtres doués de raison que tous les autres êtres ont été faits, d’après le princcipe qui veut qu’en cela comme en tout le reste, les moins bonnes choses soient faites en vue des meilleures[99] ; et les êtres raisonnables sont faits les uns pour les autres. Voilà pourquoi, dans l’organisation de l’homme, le devoir supérieur, c’est d’abord d’être dévoué à l’intérêt de la communauté[100] ; en second lieu, c’est de ne point se livrer aux entraînements du corps[101] ; car le propre de l’activité raisonnable et intelligente, c’est de se fixer des bornes à elle-même, et de ne point se laisser vaincre ni à la séduction des sens ni à celle des passions. Ces deux derniers principes, ceux des sens et des passions, sont en effet purement animaux, tandis que l’entendement revendique la première place et ne peut être dominé par aucun d’eux. L’entendement a pleinement droit à cet empire, puisque la nature veut précisément que ce soit lui qui se serve des principes inférieurs. Enfin, en troisième et dernier lieu, l’organisation douée de raison a ce privilége de pouvoir ne point faillir et ne point s’égarer[102]. Qu’ainsi donc appuyé sur de tels secours, le principe qui doit nous diriger aille droit son chemin ; et, dès lors, il possède tout ce qui lui appartient et n’est qu’à lui.
LVI. Il faut vivre conformément à la nature le reste d’existence qui t’est laissé par grâce, comme si tu étais déjà mort[103], et que tu eusses vécu tout le temps qui t’a été accordé jusqu’aujourd’hui.
LVII. Nous n’avons qu’à aimer le sort[104] dont la trame nous est tissue dans le destin commun. Qu’y a-t-il en effet de plus régulier ?
LVIII. En toute rencontre, nous devons nous remettre sous les yeux le souvenir des gens qui ont subi les mêmes épreuves que nous[105], qui s’en sont irrités, s’en sont révoltés et en ont gémi. Où sont-ils à cette heure ? Ils ne sont plus. Vas-tu donc faire comme eux ? Ne vaut-il pas mieux laisser ces agitations contre nature à ceux qui les provoquent et en sont eux-mêmes les victimes, pour ne t’appliquer tout entier qu’à profiter de telles leçons ? Tu en tirerais tout avantage ; et c’est là une matière qui te revient exclusivement. N’aie jamais qu’un objet et qu’un désir : celui de te bien conduire dans tout ce que tu fais. Rappelle-toi ces deux choses[106], et, en outre, que ce qui t’importe, c’est l’objet de ton action.
LIX. Regarde au dedans de toi[107] ; c’est au dedans qu’est la source du bien[108], laquelle peut s’épancher à jamais, si tu sais à jamais la creuser et l’approfondir.
LX. Le corps doit, lui aussi, se ranger[109] et n’avoir rien de désordonné, ni dans son mouvement, ni dans son maintien. Puisque la pensée se manifeste jusqu’à un certain point sur le visage, en lui appliquant un cachet d’intelligence et de calme, il faut exiger du corps tout entier la même docilité. Mais le soin qu’il faut apporter à tout cela ne doit en rien sentir l’affectation[110].
LXI. L’art de la vie[111] se rapproche de l’art de la lutte, bien plus que de celui de la danse, puisqu’il y faut toujours être prêt, et inébranlable, à tous les accidents qui peuvent survenir et qu’on ne saurait prévoir.
LXII. Ne cesse jamais d’étudier le caractère des gens dont tu ambitionnes le témoignage[112], et de scruter les principes qui les dirigent. Avec cette précaution, tu ne t’en prendras plus à eux des fautes involontaires qu’ils peuvent commettre, et tu n’auras que faire d’une approbation autre que la tienne[113], en considérant la source où ces hommes puisent leurs pensées et les motifs qui les font agir.
LXIII. « Il n’est pas une âme, dit le philosophe[114], privée de la vérité, sans que ce ne soit malgré elle. » C’est donc aussi contre son gré qu’elle manque de justice, de sagesse, de douceur, et de toutes les vertus de cet ordre. Il n’y a rien de plus nécessaire que d’avoir sans cesse cette réflexion présente à l’esprit ; car elle te rendra plus indulgent[115] envers tous tes semblables.
LXIV. Dans toute souffrance que tu éprouves, dis-toi bien qu’il n’y a là aucune honte pour toi, ni rien qui dégrade l’intelligence destinée à te régir, puisque la douleur ne la peut atteindre, ni la détruire, en tant que cette intelligence est raisonnable et dévouée à l’intérêt commun. Tu peux aussi, dans les épreuves les plus pénibles, tirer presque toujours profit de la sentence même d’Épicure[116], en te disant que « cette douleur n’est point intolérable ; et surtout qu’elle n’est point éternelle ; tu n’as qu’à te souvenir qu’elle a des bornes où elle est renfermée, et que tu peux ne point l’accroître par l’opinion que tu t’en fais[117]. » Souviens-toi encore, dans l’occasion, qu’il y a bien des choses, fort semblables à la douleur, qui te font souffrir sans que tu t’en aperçoives : ainsi, l’envie de dormir[118], la chaleur qui te suffoque, le dégoût par faute d’appétit. Quand donc tu t’inquiètes d’un de ces désagréments, dis-toi bien que c’est à la douleur que tu cèdes.
LXV. Prends garde à ne pas éprouver, même envers des gens inhumains, les sentiments que trop souvent les hommes montrent pour des hommes[119].
LXVI. Comment savoir si l’âme de Télaugès[120] était supérieure à celle de Socrate ? Pour résoudre cette question, il ne suffit pas[121] que Socrate soit mort plus glorieusement que Télaugès, qu’il ait combattu les sophistes avec plus d’énergie, qu’il ait veillé plus courageusement au milieu des nuits glaciales du camp, qu’il ait résisté avec plus de magnanimité à l’ordre d’arrêter l’homme de Salamine[122], ni même qu’il ait brillé davantage par ses conversations dans les rues[123], points sur lesquels on pourrait insister, si tout cela était parfaitement exact[124]. Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est ce qu’était réellement l’âme de Socrate[125], s’il pouvait concentrer tout son bonheur à être juste envers les hommes et pieux envers les Dieux, s’il ne s’abandonnait pas plus que de raison à sa colère contre le vice, ou s’il ne condescendait pas un peu trop complaisamment à l’ignorance des hommes, s’il ne recevait pas avec assez de résignation[126] la part qui lui était faite dans le destin universel, s’il ne la regardait pas comme intolérable, et enfin s’il ne laissait pas quelquefois succomber l’esprit aux passions de la chair[127].
LXVII. La nature ne t’a pas tellement confondu avec l’informe mélange des choses qu’il te soit interdit de t’isoler de tout le reste, et de rester maître d’accomplir tout ce qui te regarde ; car on peut fort bien devenir un homme divin[128] sans être même connu de qui que ce soit[129]. C’est là ce que tu ne dois jamais oublier ; et tu dois aussi te dire qu’il ne faut presque rien pour être heureux[130]. Ce n’est pas parce que tu désespères de devenir habile en dialectique ou dans les sciences naturelles[131], que tu dois renoncer à te montrer libre, modeste, dévoué à l’intérêt commun, et soumis à la volonté de Dieu[132].
LXVIII. Il faut savoir, à l’abri de toute violence, conserver la paix la plus profonde de son cœur, quand bien même le genre humain tout entier nous poursuivrait de ses vaines clameurs, et que la dent des bêtes féroces[133] mettrait en pièces les membres de cette masse de chair dont nous sommes enveloppés. Qui peut, en effet, dans toutes ces conjonctures, empêcher l’âme de se maintenir en un calme absolu, d’abord si elle porte un jugement vrai sur les circonstances où elle se trouve, et ensuite, si elle sait user comme il convient de ces épreuves ? Alors, le Jugement dit[134] à l’Accident qui survient : — « Voilà ce que tu es essentiellement, bien qu’on se fasse de toi une opinion toute différente. » — L’Usage dit à l’Épreuve, qu’on subit : — « Précisément, je te cherchais ; car pour moi, le fait présent doit toujours être matière à exercer la vertu de la raison et les qualités sociables ; c’est-à-dire, l’ensemble de cet art qui se rapporte à l’homme ou à Dieu. » Ainsi donc, tout événement, de quelque façon qu’il survienne, me rattache à Dieu ou à l’homme, comme un membre de la famille ; et cet événement ne peut causer ni surprise, ni difficulté[135], puisqu’il est à l’avance bien connu, et qu’il facilite l’œuvre commune.
LXIX. La perfection de la conduite consiste à employer chaque jour que nous vivons comme si c’était le dernier[136], et à n’avoir jamais ni impatience, ni langueur, ni fausseté.
LXX. Les Dieux, qui sont immortels[137], ne s’irritent nullement d’avoir à supporter durant leur éternité les fautes toujours renouvelées d’un si grand nombre de méchants incorrigibles. Loin de là, les Dieux ont même pour ces pervers une bonté qui prend mille formes. Et toi, qui dans un moment vas cesser de vivre, tu te révoltes, comme si tu n’étais pas, toi aussi, un de ces méchants[138] !
LXXI. Il est assez plaisant[139] de ne pas songer à corriger ses propres vices, ce qui est possible cependant, et de prétendre corriger ceux d’autrui, ce qui est absolument impossible.
LXXII. Quand la faculté qui comprend en nous les lois de la raison et de la société, juge qu’une chose n’est ni sensée[140] ni utile au bien commun[141], elle est en droit de la rejeter comme indigne de son attention.
LXXIII. Quand tu as rendu service à quelqu’un[142] et qu’on a profité de ce service, pourquoi cherches-tu encore une troisième chose, comme font les sots, qui est de faire paraître le service que tu as rendu, et de montrer que tu comptes sur la réciprocité ?
LXXIV. On ne se lasse jamais de recevoir des services ; or le service que nous pouvons nous rendre[143] à nous-mêmes, c’est d’agir conformément à la nature. Ne te lasse donc pas de te faire du bien à toi-même en en faisant à autrui[144].
LXXV. La nature de l’univers a procédé spontanément à la création et à l’ordre du monde. Donc, à cette heure, de deux choses l’une : ou tout ce qui se passe n’est que la suite de la première impulsion ; ou bien, il n’y a rien de raisonnable même dans les êtres les plus importants[145], dont le Souverain du monde a pris un soin tout particulier. Dans bien des cas, cette réflexion, si tu te la rappelles, augmentera encore ta profonde tranquillité[146].
Notes de la traduction de 1876 :
1. Il n’y a rien de nouveau dans le monde. C’est là ce que dit aussi l’Ecclésiaste, ch. I, § 10, et ch. III, § 15. Il y a du vrai dans cette réflexion ; mais il ne faut pas l’accepter d’une manière absolue, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, plus haut, liv. VI, § 37.
2. Les choses sont tout ensemble habituelles et passagères. C’est exact dans une certaine mesure ; mais il n’est pas un de nous qui n’ait vu beaucoup de nouveau durant son existence, et qui ne puisse conclure que les générations antérieures ont dû en voir tout autant que la sienne.
3. Qu’il ne tient absolument qu’à toi de raviver. Il semble plus naturel de prendre la négation, et c’est ce qu’ont fait quelques traducteurs, quoique les manuscrits n’autorisent pas cette correction. Elle n’est pas indispensable ; et du moment qu’on peut raviver des sensations, il est sous-entendu par là-même qu’on peut aussi ne les raviver point.
4. Ne peuvent absolument rien. C’est trop dire, quelque forte et quelque exercée que l’âme puisse être. Voir plus haut, liv. V, § 2, et liv. VI, § 52.
5. Se faire une nouvelle vie. En substituant l’action de la volonté raisonnable et réfléchie à la pensée instinctive, qui a suivi immédiatement l’impression sensible.
6. Ces immenses assemblées, ces troupeaux. La plupart des traducteurs ont compris ce passage différemment. Selon eux, il s’agit ici de grands troupeaux de bêtes domestiques, de moutons et de bœufs. Le contexte ne se prête pas à ce sens ; et je préfère entendre le mot de Troupeaux avec la même nuance d’ironie que nous y attachons, quand nous parlons de ces troupeaux d’hommes assemblés pour quelque fête publique, pièces de théâtre, combats de gladiateurs. Il me semble que la pensée ainsi comprise a plus d’unité et de teneur.
7. Contre toutes ces séductions. Le cœur du philosophe en a de plus dangereuses à éviter ; mais celles-là sont peut-être les plus ordinaires et les plus nombreuses. Celles du luxe surtout et de la mollesse sont les plus redoutables.
8. Tant vaut l’homme. L’observation est très-juste ; et l’on peut juger de quelqu’un par les amusements et les distractions qu’il se donne.
9. Il faut regarder à l’intention. Le texte n’est pas tout à fait aussi formel ; mais la phrase qui suit me semble déterminer nettement ce sens.
10. La nature qui régit l’univers. En d’autres termes, Dieu ou la Providence.
11. L’utilité commune… la bonne harmonie du monde. J’ai cru devoir donner un sens aussi large à l’expression dont se sert Marc-Aurèle. On pourrait comprendre aussi qu’il ne s’agit que de l’intérêt de la société ; mais, dans les doctrines stoïciennes, l’idée de société s’étend jusqu’à l’ordre universel, dont l’homme fait partie. Le lui rappeler, ce n’est ni le flatter ni le grandir outre mesure ; c’est lui assigner sa vraie place. Voir plus haut, liv. VI, § 42.
Derechos y procedencia
Texte intégral des douze livres et notes de la traduction de 1876, publiée à Paris chez Germer-Baillière. Marc Aurèle et Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, mort en 1895, sont dans le domaine public en France. Transcription Wikisource réutilisée avec attribution ; les éventuelles contributions protégées restent sous CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/). Seuls les retours à la ligne et la présentation ont été adaptés. Sources, liens vers les versions et mentions conservés dans /texts/meditations-barthelemy-fr-source.txt. Vérifié le 28 octobre 2026 ; les règles peuvent différer hors de France.
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