Konfucjusz

Lun-Yu, ou les Entretiens philosophiques

Język tekstu
francuski
Tekst / tłumaczenie
Guillaume Pauthier (1801–1873)
Wydanie
1846

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Chapitre VII (ciąg dalszy)

10. Le Philosophe, interpellant Yen-youan, lui dit: Si on nous emploie dans les fonctions publiques, alors nous remplissons notre devoir; si on nous renvoie, alors nous nous reposons dans la vie privée. Il n'y a que vous et moi qui agissions ainsi.

Tseu-lou dit: Si vous conduisiez trois corps d'armée ou Kiun de douze mille cinq cents hommes chacun, lequel de nous prendriez-vous pour lieutenant?

Le Philosophe dit: Celui qui de ses seules mains nous engagerait au combat avec un tigre; qui, sans motifs, voudrait passer un fleuve à gué; qui prodiguerait sa vie sans raison et sans remords: je ne voudrais pas le prendre pour lieutenant. Il me faudrait un homme qui portât une vigilance soutenue dans la direction des affaires; qui aimât à former des plans et à les mettre à exécution.

11. Le Philosophe dit: Si, pour acquérir des richesses par des moyens honnêtes, il me fallait faire un vil métier, je le ferais; mais si les moyens n'étaient pas honnêtes, j'aimerais mieux m'appliquer à ce que j'aime.

12. Le Philosophe portait la plus grande attention sur l'ordre, la guerre et la maladie.

13. Le Philosophe étant dans le royaume de Thsi, entendit la musique nommée Tchao (de Chun). Il en éprouva tant d'émotion, que pendant trois lunes il ne connut pas le goût des aliments. Il dit: Je ne me figure pas que depuis la composition de cette musique on soit jamais arrivé à ce point de perfection.

14. Yen-yeou dit: Notre maître aidera-t-il le prince de Weï? Tseu-koung dit: Pour cela, je le lui demanderai.

Il entra (dans l'appartement de son maître), et dit: Que pensez-vous de Pe-i et de Chou-tsi? Le Philosophe dit: Ces hommes étaient de véritables sages de l'antiquité. Il ajouta: N'éprouvèrent-ils aucun regret?--Ils cherchèrent à acquérir la vertu de l'humanité, et ils obtinrent cette vertu: pourquoi auraient-ils éprouvé des regrets? En sortant (Tseu-koung) dit: Notre maître n'assistera pas (le prince de Weï).

15. Le Philosophe dit: Se nourrir d'un peu de riz, boire de l'eau, n'avoir que son bras courbé pour appuyer sa tête, est un état qui a aussi sa satisfaction. Être riche et honoré par des moyens iniques, c'est pour moi comme le nuage flottant qui passe.

16. Le Philosophe dit: S'il m'était accordé d'ajouter à mon âge de nombreuses années, j'en demanderais cinquante pour étudier le Y-king, afin que je pusse me rendre exempt de fautes graves.

17. Les sujets dont le Philosophe parlait habituellement étaient le Livre des Vers, le Livre des Annales et le Livre des Rites. C'étaient les sujets constants de ses entretiens.

18. Ye-kong interrogea Tseu-lou sur KHOUNG-TSEU. Tseu-lou ne lui répondit pas.

Le Philosophe dit: Pourquoi ne lui avez-vous pas répondu? C'est un homme qui, par tous les efforts qu'il fait pour acquérir la science, oublie de prendre de la nourriture; qui, par la joie qu'il éprouve de l'avoir acquise, oublie les peines qu'elle lui a causées, et qui ne s'inquiète pas de l'approche de la vieillesse. Je vous en instruis.

19. Le Philosophe dit: Je ne naquis point doué de la science. Je suis un homme qui a aimé les anciens, et qui a fait tous ses efforts pour acquérir leurs connaissances.

20. Le Philosophe ne parlait, dans ses entretiens, ni des choses extraordinaires, ni de la bravoure, ni des troubles civils, ni des esprits.

21. Le Philosophe dit: Si nous sommes trois qui voyagions ensemble, je trouverai nécessairement deux instituteurs [dans mes compagnons de voyage]; je choisirai l'homme de bien pour l'imiter, et l'homme pervers pour me corriger.

22. Le Philosophe dit: Le ciel a fait naître la vertu en moi; que peut donc me faire Hoan-touï?

23. Vous, mes disciples, tous tant que vous êtes, croyez-vous que j'aie pour vous des doctrines cachées? Je n'ai point de doctrines cachées pour vous. Je n'ai rien fait que je ne vous l'aie communiqué, ô mes disciples! C'est la manière d'agir de KHIEOU (de lui-même).

24. Le Philosophe employait quatre sortes d'enseignements: la littérature, la pratique des actions vertueuses, la droiture ou la sincérité, et la fidélité.

25. Le Philosophe dit: Je ne puis parvenir à voir un saint homme; tout ce que je puis, c'est de voir un sage.

Le Philosophe dit; Je ne puis parvenir à voir un homme véritablement vertueux; tout ce que je puis, c'est de parvenir à voir un homme constant et ferme dans ses idées.

Manquer de tout, et agir comme si l'on possédait avec abondance; être vide, et se montrer plein; être petit, et se montrer grand, est un rôle difficile à soutenir constamment.

26. Le Philosophe péchait quelquefois à l'hameçon, mais non au filet; il chassait aux oiseaux avec une flèche, mais non avec des pièges.

27. Le Philosophe dit: Comment se trouve-t-il des hommes qui agissent sans savoir ce qu'ils font? je ne voudrais pas me comporter ainsi. Il faut écouter les avis de beaucoup de personnes, choisir ce que ces avis ont de bon et le suivre; voir beaucoup et réfléchir mûrement sur ce que l'on a vu; c'est le second pas de la connaissance.

28. Les Heou-hiang (habitants d'un pays ainsi nommé) étaient difficiles à instruire. Un de leurs jeunes gens étant venu visiter les disciples du Philosophe, ils délibérèrent s'ils le recevraient parmi eux.

Le Philosophe dit: Je l'ai admis à entrer [au nombre de mes disciples]; je ne l'ai pas admis à s'en aller. D'où vient cette opposition de votre part? cet homme s'est purifié, s'est renouvelé lui-même afin d'entrer à mon école; louez-le de s'être ainsi purifié; je ne réponds pas de ses actions passées ou futures.

29. Le Philosophe dit: L'humanité est-elle si éloignée de nous! je désire posséder l'humanité, et l'humanité vient à moi.

30. Le juge du royaume de Tchin demanda si Tchao-kong connaissait les rites. KHOUNG-TSEU dit: Il connaît les rites.

KHOUNG-TSEU s'étant éloigné, [le juge] salua Ou-ma-ki, et, le faisant entrer, il lui dit: J'ai entendu dire que l'homme supérieur ne donnait pas son assentiment aux fautes des autres; cependant un homme supérieur y a donné son assentiment. Le prince s'est marié avec une femme de la famille Ou, du même nom que le sien, et il l'a appelée Ou-meng-tseu. Un prince doit connaître les rites et coutumes: pourquoi, lui, ne les connaît-il pas?

Ou-ma-ki avertit le Philosophe, qui s'écria: Que KHIEOU est heureux! s'il commet une faute, les hommes sont sûrs de la connaître.

31. Lorsque le Philosophe se trouvait avec quelqu'un qui savait bien chanter, il l'engageait à chanter la même pièce une seconde fois, et il l'accompagnait de la voix.

32. Le Philosophe dit: En littérature, je ne suis pas l'égal d'autres hommes. Si je veux que mes actions soient celles d'un homme supérieur, alors je ne puis jamais atteindre à la perfection.

33. Le Philosophe dit: Si je pense à un homme qui réunisse la sainteté à la vertu de l'humanité, comment oserais-je me comparer à lui! Tout ce que je sais, c'est que je m'efforce de pratiquer ces vertus sans me rebuter, et de les enseigner aux autres sans me décourager et me laisser abattre. C'est là tout ce que je vous puis dire de moi. Kong-si-hoa dit: Il est juste d'ajouter que nous, vos disciples, nous ne pouvons pas même apprendre ces choses.

34. Le Philosophe étant très-malade, Tseu-lou le pria de permettre à ses disciples d'adresser pour lui leurs prières[37] aux esprits et aux génies. Le Philosophe dit: Cela convient-il? Tseu-lou répondit avec respect: Cela convient. Il est dit dans le livre intitulé Louï: «Adressez vos prières aux esprits et aux génies d'en haut et d'en bas [du ciel et de la terre].» Le Philosophe dit:

La prière de KHIEOU [la sienne] est permanente.

35. Le Philosophe dit: Si l'on est prodigue et adonné au luxe, alors on n'est pas soumis. Si l'on est trop parcimonieux, alors on est vil et abject. La bassesse est cependant encore préférable à la désobéissance.

36. Le Philosophe dit: L'homme supérieur a de l'équanimité et de la tranquillité d'àme. L'homme vulgaire éprouve sans cesse du trouble et de l'inquiétude.

37. Le Philosophe était d'un abord aimable et prévenant; sa gravité sans roideur et la dignité de son maintien inspiraient du respect sans contrainte.

[33] Sage, ta-fou, de la dynastie des Chang.

[34] Voyez notre Description de la Chine, t. 1, p. 84 et suiv.

[35] Ces arts sont, selon le Commentaire, les rites, la musique, l'art de tirer de l'arc, l'équitation, l'écriture et l'arithmétique.

[36] Des morceaux de viande salée et sechée au soleil.

[37] Le mot chinois, selon le commentateur, implique l'Idée d'éviter le mal et d'avancer dans la vertu avec l'assistance des esprits. Si l'on n'a aucun motif de prier, alors l'on ne doit pas prier.

Chapitre VIII

COMPOSÉ DE 21 ARTICLES.

1. Le Philosophe dit: C'est Taï-pé[38] qui pouvait être appelé souverainement vertueux! ou ne trouvait rien à ajouter à sa vertu. Trois fois il refusa l'empire, et le peuple ne voyait rien de louable dans son action désintéressée.

2. Le Philosophe dit: Si la déférence et le respect envers les autres ne sont pas réglés par les rites ou l'éducation, alors ce n'est plus qu'une chose fastidieuse; si la vigilance et la sollicitude ne sont pas réglées par l'éducation, alors ce n'est qu'une timidité outrée; si le courage viril n'est pas réglé par l'éducation, alors ce n'est que de l'insubordination; si la droiture n'est pas réglée par l'éducation, alors elle entraîne dans une grande confusion.

Si ceux qui sont dans une condition supérieure traitent leurs parents comme ils doivent l'être, alors le peuple s'élèvera à la vertu de l'humanité. Pour la même raison, s'ils ne négligent et n'abandonnent pas leurs anciens amis, alors le peuple n'agira pas d'une manière contraire.

3. Thsêng-tseu, étant dangereusement malade, fit venir auprès de lui ses disciples, et leur dit: Découvrez-moi les pieds, découvrez-moi les mains. Le Livre des Vers dit:

«Ayez la même crainte et la même circonspection

Que si vous contempliez sous vos yeux un abîme profond,

Que si vous marchiez sur une glace fragile!»

Maintenant ou plus tard, je sais que je dois vous quitter, mes chers disciples.

4. Thsêng-tseu étant malade, Meng-king-tseu (grand du royaume de Lou) demanda des nouvelles de sa santé. Thsêng-tseu prononça ces paroles: «Quand l'oiseau est près de mourir, son chant devient triste; quand l'homme est près de mourir, ses paroles portent l'empreinte de la vertu.»

Les choses que l'homme supérieur met au-dessus de tout, dans la pratique de la raison, sont au nombre de trois: dans sa démarche et dans son attitude, il a soin d'éloigner tout ce qui sentirait la brutalité et la rudesse; il fait en sorte que la véritable expression de sa figure représente autant que possible la réalité et la sincérité de ses sentiments; que dans les paroles qui lui échappent de la bouche et dans l'intonation de sa voix, il éloigne tout ce qui pourrait être bas ou vulgaire et contraire à la raison. Quant à ce qui concerne les vases en bambous [choses moins importantes], il faut que quelqu'un préside à leur conservation.

5. Thsêng-tseu dit: Posséder la capacité et les talents, et prendre avis de ceux qui en sont dépourvus; avoir beaucoup, et prendre avis de ceux qui n'ont rien; être riche, et se comporter comme si l'on était pauvre; être plein, et paraître vide ou dénué de tout; se laisser offenser sans en témoigner du ressentiment; autrefois j'avais un ami qui se conduisait ainsi dans la vie.

6. Thsêng-tseu dit: L'homme à qui l'on peut confier un jeune orphelin de six palmes (tchi) de haut[39], à qui l'on peut remettre l'administration et le commandement d'un royaume de cent li d'étendue, et qui, lorsque apparaît un grand déchirement politique, ne se laisse pas arracher à son devoir, n'est-ce pas un homme supérieur? Oui, c'est assurément un homme supérieur!

7. Thsêng-tseu dit: Les lettrés ne doivent pas ne pas avoir l'âme ferme et élevée, car leur fardeau est lourd, et leur route longue.

L'humanité est le fardeau qu'ils ont à porter (ou le devoir qu'ils ont à remplir): n'est-il pas en effet bien lourd et bien important? C'est à la mort seulement qu'on cesse de le porter: la route n'est-elle pas bien longue?

8. Le Philosophe dit: Elevons notre esprit par la lecture du Livre des Vers; établissons nos principes de conduite sur le Livre des Rites; perfectionnons-nous par la Musique.

9. Le Philosophe dit: On peut forcer le peuple à suivre les principes de la justice et de la raison; on ne peut pas le forcer à les comprendre.

10. L'homme qui se plait dans les actions courageuses et viriles, s'il éprouve les privations et les souffrances de la misère, causera du trouble et du désordre; mais l'homme qui est dépourvu des vertus de l'humanité, les souffrances et les privations même lui manquant, causera beaucoup plus de troubles et de désordres.

11. Le Philosophe dit: Supposé qu'un homme soit doué de la beauté et des talents de Tcheou-koung, mais qu'il soit en même temps hautain et d'une avarice sordide, ce qui lui reste de ses qualités ne vaut pas la peine qu'on y fasse attention.

12. Le Philosophe dit: Il n'est pas facile de trouver une personne qui pendant trois années se livre constamment à l'étude [de la sagesse] sans avoir en vue les émoluments qu'elle peut en retirer.

13. Le Philosophe dit: Celui qui a une foi inébranlable dans la vérité, et qui aime l'étude avec passion, conserve jusqu'à la mort les principes de la vertu, qui en sont la conséquence.

Si un État se trouve en danger de révolution [par suite de son mauvais gouvernement], n'allez pas le visiter; un pays qui est livré au désordre ne peut pas y rester. Si un empire se trouve gouverné par les principes de la droiture et de la raison, allez le visiter; s'il n'est pas gouverné par les principes de la raison, restez ignorés dans la retraite et la solitude.

Si un État est gouverné par les principes de la raison, la pauvreté et la misère sont un sujet de honte; si un État n'est pas gouverné parles principes de la raison, la richesse et les honneurs sont alors les sujets de honte[40].

14. Le Philosophe dit: Si vous n'occupez pas des fonctions dans un gouvernement, ne donnez pas votre avis sur son administration.

15. Le Philosophe dit: Comme le chef de musique nommé Tchi, dans son chant qui commence par ces mots: Kouan-tsiu-tchi-louan, avait su charmer l'oreille par la grâce et la mélodie!

16. Le Philosophe dit: Être courageux et hardi sans droiture, hébété sans attention, inepte sans sincérité; je ne connais pas de tels caractères.

17. Le Philosophe dit: Étudiez toujours comme si vous ne pouviez jamais atteindre [au sommet de la science], comme si vous craigniez de perdre le fruit de vos études.

18. Le Philosophe dit: O quelle élévation, quelle sublimité dans le gouvernement de Chun et de Yu! et cependant il n'était encore rien à leurs yeux.

19. Le Philosophe dit: O qu'elle était grande la conduite de Yao dans l'administration de l'empire! qu'elle était élevée et sublime! il n'y a que le ciel qui pouvait l'égaler en grandeur; il n'y a que Yao qui pouvait imiter ainsi le ciel! Ses vertus étaient si vastes et si profondes, que le peuple ne trouvait point de noms pour leur donner!

O quelle grandeur! quelle sublimité dans ses actions et ses mérites! et que les monuments qu'il a laissés de sa sagesse sont admirables!

20. Chun avait cinq ministres; et l'empire était bien gouverné.

Wou-wang disait: J'ai pour ministres dix hommes d'État habiles dans l'art de gouverner.

KHOUNG-TSEU dit: Les hommes de talent sont rares et difficiles à trouver; n'est-ce pas la vérité? A partir de l'époque de Chang (Yao) et de Yu (Chun) jusqu'à ces ministres (de Wou-wang), pleins de mérites, il y a eu une femme, ainsi que neuf hommes de talent; et voilà tout.

De trois parties qui formaient l'empire (Wen-wang) en eut deux, avec lesquelles il continua à servir la dynastie de Yn. La vertu du fondateur de la dynastie des Tcheou peut être appelée une vertu sublime.

21. Le Philosophe dit: Je ne vois aucun défaut dans Yu! il était sobre dans le boire et le manger, et souverainement pieux envers les esprits et les génies. Ses vêtements ordinaires étaient mauvais et grossiers; mais comme ses robes et ses autres habillements de cérémonies étaient beaux et parés! Il habitait une humble demeure; mais il employa tous ses efforts à faire élever des digues et creuser des canaux pour l'écoulement des eaux. Je ne vois aucun défaut dans Yu.

[38] Fils ainé de Taï-wang, des Tchéou.

[39] L'héritier du trône.

[40] Ces admirables principes n'ont pas besoin de commentaire».

Chapitre IX

COMPOSÉ DE 30 ARTICLES.

1. Le Philosophe parlait rarement du gain, du destin [ou mandat du ciel, ming] et de l'humanité [la plus grande des vertus].

2. Un homme du village de Ta-hiang dit: Que KHOUNG-TSEU est grand! cependant ce n'est pas son vaste savoir qui a fait sa renommée.

Le Philosophe ayant entendu ces paroles, interpella ses disciples en leur disant: Que dois-je entreprendre de faire? Prendrai-je l'état de voiturier, ou apprendrai-je celui d'archer? Je serai voiturier.

3. Le Philosophe dit: Autrefois on portait un bonnet d'étoffe de lin, pour se conformer aux rites; maintenant on porte un bonnet de soie comme plus économique; je veux suivre la multitude. Autrefois on s'inclinait respectueusement au bas des degrés de la salle de réception pour saluer son prince, en se conformant aux rites; maintenant on salue en haut des degrés. Ceci est de l'orgueil. Quoique je m'éloigne en cela de la multitude, je suivrai le mode ancien.

4. Le Philosophe était complètement exempt de quatre choses: il était sans amour-propre, sans préjugés, sans obstination et sans égoïsme.

5. Le Philosophe éprouva des inquiétudes et des frayeurs à Kouang. Il dit: Wen-wang n'est plus; la mise en lumière de la pure doctrine ne dépend-elle pas maintenant de moi?

Si le ciel avait résolu de laisser périr cette doctrine, ceux qui ont succédé à Wen-wang, qui n'est plus, n'auraient pas eu la faculté de la faire revivre et de lui rendre son ancien éclat. Le ciel ne veut donc pas que cette doctrine périsse. Que me veulent donc les hommes de Kouang?

6. Un Taï-tsaï, ou grand fonctionnaire public, interrogea un jour Tseu-koung en ces termes: Votre maître est-il un saint? N'a-t-il pas un grand nombre de talents?

Tseu-koung dit: Certainement le ciel lui a départi presque tout ce qui constitue la sainteté, et, en outre, un grand nombre de talents.

Le Philosophe ayant entendu parler de ces propos, dit: Ce grand fonctionnaire me connait-il? Quand j'étais petit, je me suis trouvé dans des circonstances pénibles et difficiles; c'est pourquoi j'ai acquis un grand nombre de talents pour la pratique des affaires vulgaires. L'homme supérieur possède-t-il un grand nombre de ces talents? Non, il n'en possède pas un grand nombre.

Lao (un des disciples de KHOUNG-TSEU) dit: Le Philosophe répétait souvent: «Je ne fus pas employé jeune dans les charges publiques; c'est pourquoi je m'appliquai à l'étude des arts.»

7. Le Philosophe dit: Suis-je véritablement en possession de la science? je n'en sais rien[41]. Mais s'il se rencontre un ignorant qui me fasse des questions, tant vides soient-elles, j'y réponds de mon mieux, en épuisant le sujet sous toutes ses faces.

8. Le Philosophe dit: L'oiseau nommé Foung ou Foung-ling ne vient pas, le fleuve ne fait pas sortir de son sein le [tableau sur lequel est figuré le dragon]. C'en est fait de moi.

9. Lorsque le Philosophe voyait quelqu'un en habits de deuil, ou portant le bonnet et la robe de magistrat, ou aveugle, quand même il eut été plus jeune que lui, il se levait à son approche [s'il se trouvait assis]. S'il passait devant lui assis, le Philosophe accélérait le pas.

10. Yen-youan s'écria en soupirant: Si je considère la doctrine de notre maître, je ne vois rien de plus élevé; si je cherche à la pénétrer, je ne trouve rien de plus impénétrable; si je la regarde comme devant mes yeux et me précédant, aussitôt elle m'échappe et me fuit.

Mon maître m'a cependant conduit pas à pas; il a développé graduellement mon esprit, car il savait admirablement captiver les hommes par ses paroles; il a étendu beaucoup mes connaissances dans les sciences qui constituent l'éducation, et il m'a surtout fait étudier le Livre des Rites.

Si je voulais m'arrêter, je ne le pouvais pas. Quand j'avais épuisé toutes mes forces, [cette doctrine] était toujours là comme fixée devant moi à une certaine distance. Quoique j'aie désiré ardemment de l'atteindre, je n'ai pu y parvenir.

11. Le Philosophe étant très-malade, Tseu-lou lui envoya un disciple pour lui servir de ministre.

Dans un intervalle [de souffrance] que lui laissa la maladie, le Philosophe dit: N'y a-t-il pas déjà longtemps que Yeou (Tseu-lou) se conduit d'une manière peu conforme à la raison? Je n'ai pas de ministres, et cependant j'ai quelqu'un qui en fait les fonctions; qui trompé-je, de moi ou du ciel?

Plutôt que de mourir entre les mains d'un ministre, n'aurait-il pas mieux valu pour moi de mourir entre les mains de mes disciples? Quoique, dans ce dernier cas, je n'eusse pas obtenu de grandes funérailles, je serais mort dans la droite voie!

12. Tseu-koung dit: Si j'avais un beau joyau dans les circonstances actuelles, devrais-je le renfermer et le cacher dans une boîte, ou chercher à le vendre un bon prix? Le Philosophe dit: Vendez-le! vendez-le! Mais j'attendrais quelqu'un qui pût l'estimer sa valeur.

13. Le Philosophe témoigna le désir d'aller habiter parmi les Kieou-i, ou les neuf tribus barbares des régions orientales. Quelqu'un dit: Ce serait une condition vile et abjecte; comment avoir un pareil désir? Le Philosophe dit: Où l'homme supérieur, le sage, habite, comment y aurait-il bassesse et abjection?

14. Le Philosophe dit: Lorsque du royaume de Weï je retournai dans celui de Lou, je corrigeai et rectifiai la musique. Les chants compris sous les noms de Ya et de Soung [deux divisions du Livre des Vers] furent remis chacun à la place qu'ils doivent occuper.

15. Le Philosophe dit: Quand vous êtes hors de chez vous, rendez vos devoirs à vos magistrats supérieurs. Quand vous êtes chez vous, faites votre devoir envers vos père et mère et vos frères. Dans les cérémonies funèbres, ne vous permettez aucune négligence. Ne vous livrez à aucun excès dans l'usage du vin. Comment pourrais-je tolérer une conduite contraire?

16. Le Philosophe, étant sur le bord d'une rivière, dit: Comme elle coule avec majesté! elle ne s'arrête ni jour ni nuit!

17. Le Philosophe dit: Je n'ai encore vu personne qui aimât autant la vertu que l'on aime la beauté du corps.

18. Le Philosophe dit: Soit une comparaison: je veux former un monticule de terre; avant d'avoir rempli un panier, je puis m'arrêter; je m'arrête. Soit une autre comparaison: je veux niveler un terrain; quoique j'aie déjà transporté un panier de terre, j'ai toujours la liberté de discontinuer ou d'avancer; je puis agir d'une façon ou d'une autre.

19. Le Philosophe dit: Dans le cours de nos entretiens, celui dont l'esprit ne se lassait point, ne s'engourdissait point, c'était Hoeï.

20. Le Philosophe, parlant de Yen-youan (Hoeï), disait: Hélas! je le vis toujours avancer et jamais s'arrêter.

21. Le Philosophe dit: L'herbe pousse, mais ne donne point de fleurs; si elle donne des fleurs, elle ne produit point de graines mûres. Voilà où en est le sage!

22. Le Philosophe dit: Dès l'instant qu'un enfant est né, il faut respecter ses facultés; la science qui lui viendra par la suite ne ressemble en rien à son état présent. S'il arrive à l'âge de quarante ou de cinquante ans sans avoir rien appris, il n'est plus digne d'aucun respect.

23. Le Philosophe dit: Un langage sincère et conforme à la droite raison n'obtiendra-t-il pas l'assentiment universel? C'est un changement de conduite, une conversion à la vertu, qui est honorable et bien par-dessus tout. Un langage insinuant et flatteur ne causera-t-il pas de la satisfaction à celui qui l'entend? c'est la recherche du vrai qui est honorable et bien par-dessus tout. Éprouver de la satisfaction en entendant un langage flatteur, et ne pas rechercher le vrai; donner son assentiment à un langage sincère et conforme à la droite raison, et ne pas se convertir à la vertu: c'est ce que je n'ai jamais approuvé et pratiqué moi-même.

24. Le Philosophe dit: Mettez toujours au premier rang la droiture du cœur et la fidélité; ne contractez point d'amitié avec ceux qui ne vous ressemblent pas; si vous commettez une faute, alors ne craignez pas de changer de conduite.

25. Le Philosophe dit: A une armée de trois divisions (un corps de 37,500 hommes) on peut enlever son général [et la mettre en déroute]; à l'homme le plus abject ou le plus vulgaire, on ne peut enlever sa pensée!

26. Le Philosophe dit: S'il y a quelqu'un qui, vêtu d'habits les plus humbles et les plus grossiers, puisse s'asseoir sans rougir à côté de ceux qui portent les vêtements les plus précieux et les plus belles fourrures, c'est Yeou!

«Sans envie de nuire et sans désirs ambitieux,

A quelle action simple et vertueuse n'est-on pas propre[42]?»

Tseu-lou (Yeou) avait sans cesse la maxime précédente à la bouche. Le Philosophe dit: C'est à l'étude et à la pratique de la droite raison qu'il faut surtout s'appliquer; comment suffirait-il de faire le bien?

Prawa i pochodzenie

Dwadzieścia rozdziałów Lun-Yu we francuskim przekładzie Guillaume’a Pauthiera opublikowanym w 1846 roku, z przypisami tego wydania. Wyłączono pozostałe księgi i wstęp tomu źródłowego. Tekst starożytny i przekład Pauthiera, zmarłego w 1873 roku, są w domenie publicznej we Francji. Usunięto znaczniki typograficzne wydania cyfrowego. Oryginalny plik Gutenberga, informacje o autorstwie i licencję zachowano w /texts/analects-pauthier-fr-source.txt. Sprawdzono 28 października 2026; przepisy mogą się różnić między krajami.

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