Naissance et formation
Née à Paris, elle étudie notamment les langues et les mathématiques avant son mariage avec le marquis du Châtelet.
Faire dialoguer les principes et l’expérience.
Mathématicienne, physicienne et philosophe des Lumières, Émilie du Châtelet relie réflexion métaphysique, expérimentation et traduction scientifique. Ses recherches sur la force, ses Institutions de physique et sa traduction commentée de Newton témoignent d’une œuvre indépendante, élaborée malgré les obstacles imposés aux femmes savantes.
Née à Paris, elle étudie notamment les langues et les mathématiques avant son mariage avec le marquis du Châtelet.
Elle étudie et mène des recherches à Cirey dans un réseau savant européen, notamment aux côtés de Voltaire.
Elle soumet anonymement une dissertation au concours de l’Académie ; le texte sera publié en 1744.
Les Institutions de physique paraissent en 1740 ; elle répond à Mairan sur la force en 1741.
Elle traduit et commente les Principia de Newton et réfléchit aux conditions du bonheur.
Elle meurt à Lunéville en 1749 ; la traduction de Newton et le Discours sur le bonheur paraissent après sa mort.
Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil naît à Paris en 1706 dans une famille de la haute noblesse. Son éducation lui donne accès aux langues, à la musique et aux mathématiques, mais les institutions savantes demeurent largement fermées aux femmes. Son mariage avec le marquis du Châtelet en 1725 lui assure une position sociale et des responsabilités familiales. Elle poursuit néanmoins l’étude des mathématiques avec différents maîtres. Il serait trompeur de raconter ces années comme une simple préparation à une carrière masculine : elle construit progressivement ses propres questions scientifiques et philosophiques.
À partir des années 1730, son travail avec Voltaire au château de Cirey associe bibliothèque, instruments, expérimentation et échanges avec des savants européens. Le partenariat est important, mais ses publications possèdent leurs propres arguments. Elle participe anonymement au concours de l’Académie des sciences sur le feu. Les Institutions de physique de 1740 entrent ensuite dans des débats sur la métaphysique, la méthode et la mesure de la force. Sa réponse publique à Mairan en 1741 démontre sa capacité à défendre une position dans un espace académique qui ne lui accorde pas le même statut qu’à ses correspondants.
Dans les années 1740, du Châtelet entreprend la traduction française des Principia de Newton et leur commentaire mathématique. Son travail rend accessibles des démonstrations difficiles et participe à une culture scientifique européenne plutôt qu’à une simple transmission passive. Le Discours sur le bonheur aborde de son côté passions, étude et préjugés ; sa défense du désir de savoir doit être lue dans une société où les femmes disposent de moins de possibilités d’éducation et de carrière. Ces deux projets montrent la diversité d’une œuvre qui traverse mathématiques, physique, métaphysique et réflexion morale.
Elle meurt à Lunéville en 1749, peu après avoir donné naissance à une fille qui ne survit pas à l’enfance. La traduction de Newton paraît après sa mort avec l’intervention d’éditeurs ; le Discours sur le bonheur est également publié de manière posthume. La reconnaissance de son travail a longtemps été obscurcie par des récits qui la réduisaient à son lien avec Voltaire. Les recherches contemporaines examinent ses manuscrits, ses contributions à la physique et sa pensée philosophique pour restituer une activité intellectuelle autonome, sans la détacher des collaborations et contraintes de son époque.
Sa contribution renouvelle l’histoire de la physique, de la traduction et de la philosophie des sciences. La lire suppose de reconnaître son autonomie intellectuelle tout en étudiant ses collaborations, les débats de son époque et les limites sociales de l’accès au savoir.
Sources & repères