Marcus Aurelius / Text language : French

Pensées pour moi-même

Text / translation : Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805–1895) · Edition : 1876

Historical texts may use dated spelling or vocabulary. The original edition is preserved; this is not a new translation.

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Livre XI (continued)

Secondement. Examine ce que sont les hommes dans tous les détails de la vie, à table, au lit[61], etc. Rends-toi compte surtout des nécessités que leur imposent certaines idées[62], et vois avec quel orgueil ils font tout cela.

Troisièmement. Dis-toi toujours que, si les hommes se conduisent bien, il n’y a point apparemment à leur en vouloir, et que, s’ils se conduisent mal, il est clair qu’ils le font sans intention et par pure ignorance[63] ; car, de même qu’il n’est pas une âme qui se prive de la vérité autrement que contre son propre gré, de même il n’en est pas non plus qui se prive volontairement de traiter chacun selon son mérite. C’est là ce qui fait que les gens se révoltent quand on les traite d’injustes, d’ingrats, d’avares, en un mot, quand on leur reproche quelque méfait à l’égard de leur prochain.

Quatrièmement[64]. Il faut bien t’avouer aussi que tu n’as pas laissé de commettre personnellement des fautes nombreuses ; que, sous ce rapport, tu ressembles au reste des hommes, et que, si tu évites des fautes d’un certain genre, tu n’en as pas moins la disposition qui les fait commettre, ne t’abstenant souvent de délits pareils que par lâcheté, par crainte de l’opinion, ou par suite de toute autre faiblesse qui ne vaut pas mieux.

Cinquièmement[65]. Tu ne sais même pas très-précisément si les gens sont en faute ; car il y a une foule d’actes qui se font par de très-bons motifs ; et, en général, on doit prendre bien des informations[66] avant de pouvoir rien dire de fondé sur la conduite des autres.

Sixièmement[67]. Te répéter, quand tu ressens une colère ou une souffrance trop vive, que la vie de l’homme ne dure qu’un instant, et que, dans quelques jours, nous serons tous dans la tombe.

Septièmement[68]. Que ce ne sont pas, à vrai dire, les actes des hommes qui nous choquent, puisque ces actes ne sont réellement que dans leur esprit, mais que, ce qui nous émeut, ce sont les idées que le nôtre s’en fait. Supprime donc ces idées ; veuille effacer le jugement qui attachait tant de gravité à la chose dont tu te plains ; et, du même coup, voilà ta colère partie[69]. Mais comment supprimer cette idée ? En te disant, après réflexion, qu’il n’y a pas là pour toi la moindre honte[70] ; et que, s’il y avait autre chose que le mal de honteux dans le monde, tu aurais nécessairement commis toi-même bien des crimes[71], et que tu serais une sorte de brigand, couvert de tous les méfaits.

Huitièmement[72]. Combien les emportements et la douleur que nous ressentons à l’occasion de ces actes sont plus pénibles que ne le sont ces actes eux-mêmes, qui nous causent tant de dépit et tant de peine.

Neuvièmement. Que la bonté est chose invincible[73], pourvu qu’elle soit réelle, et qu’elle ne soit ni fardée ni fausse. Que peut faire le plus violent des hommes, si tu conserves toute ta bonté à son égard ; si, dans l’occasion, tu l’avertis doucement, et, qu’au moment même où il essaie de te faire du mal, tu lui adresses sans te fâcher cette leçon : « Ne fais pas cela, mon ami ; la nature[74] veut de nous tout autre chose. Ce n’est point à moi que tu feras tort ; c’est à toi seul, mon ami ? » Puis, montre-lui, par une comparaison frappante et toute générale, qu’il en est bien comme tu le dis, et que les animaux mêmes qui vivent en société, comme les abeilles, ne font pas ce qu’il se permet. En lui donnant ce conseil, n’aie dans ton cœur aucun sentiment d’ironie ou d’insulte ; agis avec une affection véritable[75] et sans la moindre rancune, sans prendre le ton d’un pédagogue à l’école, et sans chercher à briller aux yeux des assistants ; mais ne parle qu’à lui seul, lors même que d’autres personnes seraient présentes à l’explication.

N’oublie jamais ces neuf points essentiels ; regarde-les comme autant de présents des Muses[76]. Commence enfin à être homme[77], et reste-le jusqu’à la fin de tes jours. Mais si tu te gardes de t’emporter contre tes semblables, aie un soin égal de ne pas les flatter. Ces défauts sont tous les deux contraires au bien de la communauté, et aussi nuisibles l’un que l’autre. Quand on va se mettre en colère, il faut se dire que l’emportement n’est pas digne d’un homme, et que la douceur et la bonté, de même qu’elles sont plus humaines, sont en même temps plus viriles[78] ; que ce sont elles qui témoignent de la force, de la vigueur et du courage, et que ce ne sont pas du tout la colère et la mauvaise humeur ; car, plus l’attitude se rapproche de l’impassibilité, plus elle se rapproche aussi de la force. Si la douleur est un signe de faiblesse, la colère en est un signe non moins certain. Dans les deux cas, on est blessé[79] et l’on se rend à l’ennemi.

Si tu le veux bien, reçois, de la main du chef des Muses[80], un dixième présent que voici : C’est que prétendre empêcher le mal que font les méchants est une folie, car c’est désirer l’impossible[81]. Mais leur concéder de faire du mal aux autres, et prétendre qu’ils ne vous en feront pas à vous-même, c’est un acte déraisonnable qui ne va qu’à un tyran.

XIX. Voici quatre erreurs de ton guide, de ta raison, contre lesquelles tu dois surtout te prémunir par une vigilance constante, et que tu dois effacer en toi, dès que tu les surprends, en te faisant les objections suivantes : « L’idée que j’ai en ce moment n’est pas indispensable[82] ; l’acte que je vais faire est de nature à relâcher les liens de la communauté[83] ; ce que je vais dire n’est pas ma pensée. » Regarde, en effet, comme une des plus énormes fautes de parler contre ta conscience. Enfin, une quatrième erreur, que tu peux avoir à te reprocher, c’est que l’acte dont il s’agit soit le fait d’un homme qui se laisse vaincre, et qui soumet lâchement[84] la plus divine partie de son être à la portion la moins précieuse, à la portion mortelle de son corps[85], et aux voluptés grossières que le corps exige.

XX. Le souffle qui t’anime, et toute la portion ignée qui entre dans la composition de ton être, tendent, par leur nature, à un mouvement d’ascension perpétuelle ; et cependant, se soumettant à l’ordonnance générale des choses, ils sont retenus dans le mélange, à l’état que nous savons. De même encore, tous les éléments terrestres et liquides[86] qui sont en toi se portent non moins naturellement en bas, et cependant ils s’élèvent en haut, et ils occupent une place qui ne leur est pas naturelle. Ainsi donc, les éléments eux-mêmes obéissent à la loi qui régit l’univers ; et, en quelque place qu’ils aient été mis par elle, ils y demeurent par la force qui les domine, jusqu’à ce que le signal de la dissolution les fasse sortir de nouveau de la place qu’ils occupaient.

N’est-il donc pas intolérable que la partie intelligente de ton être[87] soit précisément la seule à désobéir[88] et à se révolter contre la position qui lui a été assignée ? Pourtant, aucune violence ne lui est imposée ; et, dans l’ordre qui lui est donné, il n’y a rien absolument qui ne soit conforme à sa nature. Et voilà que l’intelligence ne supporte pas la règle, et qu’elle tente de suivre une route toute contraire ! Car le mouvement qui nous entraîne aux injustices, aux excès, aux colères, aux douleurs, aux craintes, n’est pas autre chose que l’égarement d’un être révolté contre la nature. Quand notre raison, qui doit nous éclairer, s’irrite contre un événement quelconque de la vie, elle déserte également son poste ; car elle est faite pour être pieuse et pour adorer les Dieux[89], non moins que pour être juste. La piété et la soumission aux ordres divins sont indispensables à l’harmonie de la communauté, et elles sont plus augustes encore que la justice.

XXI. Quand on n’a pas dans la vie un seul et unique but[90], toujours identique, il est bien impossible d’être soi-même, durant sa vie entière, toujours un et toujours égal. Mais cette généralité ne suffit pas, et il faut encore déterminer précisément quel doit être ce but ; car, de même qu’il ne faut pas considérer indistinctement comme de véritables biens ceux que la majorité des hommes prend pour tels, mais qu’on ne doit s’attacher qu’à des biens d’une certaine espèce, je veux dire les biens communs à tout le monde, de même aussi on doit ne prendre pour but de la vie que l’intérêt de la communauté[91] et l’intérêt de l’État[92] ; car c’est en dirigeant toujours sur cet unique but ses tendances personnelles qu’on rendra toutes ses actions uniformes, et que, grâce à cette règle, on se montrera constamment le même.

XXII. Le rat des champs et le rat de ville[93] ; la terreur du premier, et ses trépidations continuelles.

XXIII. Socrate appelait les croyances vulgaires des Lamies[94], vains épouvantails des enfants.

XXIV. Dans les cérémonies solennelles, les Spartiates[95] réservaient pour les étrangers les places qui étaient à l’ombre ; quant, à eux, ils s’asseyaient n’importe où.

XXV. Socrate, pour s’excuser de ne pas se rendre auprès de Perdiccas[96], lui faisait dire : « Je ne veux pas m’exposer à la plus triste fin ». En d’autres termes : « Je ne veux pas accepter un service que je ne pourrais pas rendre[97]. »

XXVI. Les lois écrites d’Éphèse[98] contenaient la recommandation de toujours entretenir avec soin la mémoire de ceux qui, dans les temps passés, s’étaient signalés par leur vertu.

XXVII. Les Pythagoriciens[99] nous conseillent de lever les yeux au ciel, dès le point du jour[100], pour réveiller en nous la pensée de ces grands corps, qui parcourent éternellement la même carrière, et qui remplissent leurs fonctions avec une régularité parfaite. C’est se rappeler en même temps[101] la pureté et la vérité nues ; car les astres n’ont pas de voile qui les cache.

XXVIII. Il faut faire comme Socrate[102], qui s’était affublé d’une toison un jour que Xanthippe lui avait emporté son manteau en sortant, et répéter son mot à ses amis, qui se retiraient tout étonnés de le voir dans cet accoutrement.

XXIX. On ne pourrait pas donner des leçons d’écriture et de lecture, si d’abord on n’en avait soi-même reçu. À bien plus forte raison, cette éducation préalable est-elle nécessaire pour l’art de la vie[103].

XXX. « Vil esclave, tais-toi ; tu n’as pas la parole[104]. »

XXXI. « Mon cœur en a souri dans sa profonde joie[105]. »

XXXII. « Poursuivant la vertu de reproches amers[106]. »

XXXIII. Vouloir des figues en hiver, c’est folie[107] ; mais il n’est pas moins fou de chercher encore son enfant quand on ne peut plus l’avoir.

XXXIV. « Quand on embrasse son enfant[108], disait Épictète, il faut se dire en son cœur : Demain peut-être seras-tu mort. — C’est un affreux augure ! — Il n’y a pas de mauvais augure à prévoir un fait naturel, répondait le philosophe ; ou bien, il serait aussi de mauvais augure de dire que les épis seront moissonnés. »

XXXV. Raisin vert, raisin mûr, raisin sec[109] ; autant de changements, qui ne font point que la chose ne soit plus, mais qui font qu’elle devient ce qu’elle n’est pas actuellement.

XXXVI. « Il n’y a point de voleur pour notre libre arbitre[110]. » C’est un mot d’Épictète.

XXXVII. Épictète disait encore[111] qu’il faut se faire un art de bien donner le consentement de sa raison, et de ménager cet acquiescement en tout ce qui touche aux motifs d’action, afin que ces motifs soient toujours conditionnels, conformes à l’intérêt commun, et en rapport avec l’importance des choses. Il disait aussi qu’il faut s’abstenir absolument de tout aveugle désir, et savoir se détourner de tout ce qui ne dépend pas de nous.

XXXVIII. « Dans le combat que nous livrons, disait-il encore[112], il ne s’agit pas d’une mince affaire ; il s’agit de savoir si nous serons fous, ou si nous ne le serons pas. »

XXXIX. « Que voulez-vous avoir, disait Socrate[113], l’âme des êtres raisonnables ou l’âme des êtres privés de raison ? — L’âme des êtres raisonnables. — Mais, parmi ces êtres raisonnables, désirez-vous l’âme des bons, ou l’âme des méchants ? — L’âme des bons. — Alors, pourquoi ne cherchez-vous pas à l’avoir ? — Parce que nous l’avons. — Si vous l’avez, pourquoi donc toutes ces luttes entre vous, pourquoi toutes ces discordes ? »

Notes de la traduction de 1876 :

1. Voici les facultés propres de l’âme raisonnable. La psychologie moderne n’a rien à ajouter à cette analyse de l’âme ; les traits en sont un peu généraux, mais ils sont d’une justesse profonde. Marc-Aurèle ne fait, d’ailleurs, que résumer les doctrines antérieures, et particulièrement la doctrine platonicienne.

2. D’une pièce de théâtre. Voir plus loin, liv. XII, § 36.

3. De pouvoir embrasser le monde entier. C’est-à-dire, de se mettre en rapport avec l’infini, sons toutes ses formes, et de le comprendre dans une certaine mesure, soit comme espace, soit comme durée.

4. La régénération périodique de toutes choses. Voir plus haut, liv. V, §§ 13 et 22, et liv. X, § 7.

5. Rien de nouveau. Sur l’uniformité des choses de ce monde, voir plus haut, liv. VI, § 37, et liv. VII, § 1. Voir aussi les notes où cette pensée est réduite à ses véritables limites.

6. C’est d’aimer le prochain. C’est une des recommandations les plus ordinaires et les plus essentielles du Stoïcisme, qui a donné à la charité ce solide fondement. Tous les hommes sont membres d’une même famille et d’une même cité ; ils sont tous frères, et ils doivent s’aimer à ce titre.

7. La raison de justice. Cette expression est obscure. — Bossuet, au début de son admirable Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, a dit : « L’âme est ce qui nous fait penser, entendre, sentir, raisonner, vouloir, choisir une chose plutôt qu’une autre, comme de se mouvoir à droite plutôt qu’à gauche… Toutes les facultés ne sont au fond que la même âme, qui reçoit divers noms à cause de ses différentes opérations. » Voir aussi la fin du ch. II du même Traité.

8. Si tu décomposais cette voix harmonieuse. Cette observation est très-vraie ; et, même dans la plus ravissante mélodie, chaque son pris à part ne signifie rien ; c’est par la succession et la diversité que se forme l’ensemble qui charme notre oreille. C’est comme un fil qui, à lui seul, quelque régulier qu’il soit, ne forme pas un tissu.

9. Sauf la vertu. Qu’on a beau décomposer, et qui ne perd jamais le caractère qui lui est propre, même dans ses moindres détails.

10. À la vie tout entière. La pensée n’est pas très-claire. Sans doute, Marc-Aurèle veut dire que chaque détail de la vie est peu de chose, mais que l’ensemble seul a une réelle importance, et encore dans la mesure qu’il a lui-même assignée à la valeur des choses passagères.

11. Que doit être l’âme… Cette préparation à la mort est la conséquence toute naturelle de cet examen constant de soi-même, que le Platonisme avait recommandé, et qu’avait si énergiquement pratiqué le Stoïcisme. La soumission à la volonté de Dieu durant toute la vie est un secours assuré au moment de la mort.

12. Comme pour les Chrétiens. C’est la seule fois que Marc-Aurèle parle des Chrétiens ; et, dans ce qu’il en dit, on peut voir tout à la fois un blâme et un éloge. Il leur reproche d’obéir à une impulsion étrangère, au lieu de puiser en eux-mêmes la force dont l’homme a besoin pour bien vivre et bien mourir. Mais il reconnaît qu’ils sont prêts au moment de quitter la vie, et c’est une louange indirecte qu’il leur adresse ; car c’est là le point essentiel. Il n’y a ici, entre la philosophie et la religion, qu’une différence de forme et de méthode. Sénèque a dit : « La nature aurait raison de se plaindre et de dire : Qu’est-ce que cela ? Je vous ai mis au monde sans désirs, sans craintes, sans superstition et sans tous ces désordres qui règnent parmi vous. Sortez de la vie tels que vous y êtes entrés… Y a-t-il rien de plus honteux que d’avoir peur lorsqu’on est près d’entrer dans un lieu de sûreté ? Cela vient de ce que nous ne trouvons point en nous, à la fin de la vie, les bonnes œuvres que nous voudrions avoir faites, et que nous ne sommes tourmentés que du regret de la vie. Car alors il n’en demeure pas la moindre partie en notre puissance ; elle est passée, elle est écoulée. Personne n’a soin de bien vivre, mais seulement de vivre longtemps, quoique tout le monde puisse bien vivre et que vivre longtemps ne soit possible à personne. » Épître XXII, à Lucilius.

13. À la communauté. C’est-à-dire, l’ordre universel des choses, dont l’homme fait partie, et qui comprend aussi la cité dont il est membre.

14. De te conduire en conséquence. Le texte n’est pas tout à fait aussi précis.

15. Quelle est ta profession ? Il faut remarquer cette vive et noble tournure ; elle n’a plus rien de piquant, pour nous, parce que depuis Marc-Aurèle elle a été employée par tout le monde. Ce n’est pas d’ailleurs Marc-Aurèle qui invente ces formes de langage ; et elles se retrouvent déjà dans Sénèque, qui en fait même un usage peut-être excessif.

16. Ces nobles études. La philosophie, et avant tout le Stoïcisme, qui a eu sans cesse sous les yeux l’ordre universel des choses et la place que l’homme y doit tenir. Voir la préface des Questions naturelles de Sénèque : « La plénitude et le comble du bonheur pour l’homme, c’est de fouler aux pieds tous mauvais désirs, de s’élancer dans les cieux et de pénétrer les replis les plus cachés de la nature. »

17. Le premier objet que la tragédie se soit proposé. Il est probable que le plaisir plutôt qu’une leçon de morale a été le premier objet de la tragédie. Mais il est vrai aussi que la leçon de morale ne tarda pas à être tirée de la représentation scénique ; et les auditeurs charmés par le génie du poëte firent aisément un retour sur eux-mêmes.

18. Sur une scène plus grande. La vie, en effet, ressemble à un drame, quelquefois tragique, quelquefois comique, mais toujours sérieux, quand on comprend les choses dans leur réalité, et la nature humaine dans sa grandeur, comme l’a fait le Stoïcisme.

19. Hélas ! Cithéron ! Voir Œdipe-Roi, de Sophocle, vers 1391, édition de Firmin-Didot.

20. Si les Dieux m’ont frappé, etc., etc. Ces vers, qui sont fort beaux, plaisaient sans doute très-particulièrement à Marc-Aurèle, puisqu’il les répète, après les avoir cités plus haut, liv. VII, §§ 38, 40 et 41.

21. D’autres maximes qui valent autant que celles-là. Les tragiques grecs sont pleins en effet des maximes les plus belles et les plus pratiques.

22. De contribuer à l’instruction des hommes. La remarque est juste ; mais c’était la tragédie qui avait commencé ; et par les émotions violentes qu’elle donnait, ses enseignements étaient plus féconds.

23. Diogène. Le cynique, un des prédécesseurs du Stoïcisme.

24. Il y a plus d’une bonne chose. Louange très-méritée et qui est d’un grand poids de la part de Marc-Aurèle.

25. Que s’est proposé. Il n’est pas certain que l’art tragique se soit, dès ses premiers pas, proposé un autre but que celui que se proposent d’abord tous les arts, c’est-à-dire la satisfaction d’un instinct de notre nature. Seulement, le théâtre grec est très-vite arrivé à la perfection, comme y arrivaient aussi tous les autres arts sur ce sol fortuné. On put alors réfléchir davantage ; et l’on put faire de la scène une école de mœurs en même temps qu’on en faisait un plaisir exquis.

26. Que celle que tu suis maintenant. Marc-Aurèle semble ici avoir un peu plus de contentement de lui-même qu’il n’en a d’ordinaire.

27. Un rameau qui est détaché du rameau voisin. La comparaison, comme plusieurs autres qu’on a déjà vues, est frappante et gracieuse. Mais il est vrai aussi qu’un homme peut se détacher d’un autre, parce que cet autre s’est détaché lui-même, par le vice, de l’ordre universel. C’est rentrer dans cet ordre que de s’éloigner de celui qui l’a violé.

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Texte intégral des douze livres et notes de la traduction de 1876, publiée à Paris chez Germer-Baillière. Marc Aurèle et Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, mort en 1895, sont dans le domaine public en France. Transcription Wikisource réutilisée avec attribution ; les éventuelles contributions protégées restent sous CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/). Seuls les retours à la ligne et la présentation ont été adaptés. Sources, liens vers les versions et mentions conservés dans /texts/meditations-barthelemy-fr-source.txt. Vérifié le 28 octobre 2026 ; les règles peuvent différer hors de France.

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