Albert CamusAbsurde et révolte · essai, roman et théâtreGUIDE DE LECTURE · Pour approfondir · 13 min

Lire Meursault

Lisez le roman comme un diptyque, de l’enterrement et de la plage au procès et à la dernière nuit, et demandez-vous ce que le tribunal condamne en Meursault.

Introduction originale. Ce guide accompagne la lecture de l’œuvre et n’en constitue ni le texte intégral ni une traduction.

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Situer le texte

Esquissé dès 1938, achevé à Paris en mai 1940 et publié par Gallimard en juin 1942, le roman forme avec Le Mythe de Sisyphe et Caligula le cycle de l’absurde. Sa narration à la première personne, neutre et au passé composé, doit beaucoup au roman américain ; Sartre lui consacre en 1943 une étude célèbre. La critique postcoloniale a interrogé l’anonymat de la victime, et Kamel Daoud y a répondu en 2013 par un roman raconté par le frère du mort. Meursault, employé de bureau à Alger, apprend la mort de sa mère, assiste à l’enterrement sans montrer le chagrin attendu, commence le lendemain une liaison avec Marie et, entraîné dans la querelle d’un voisin, tue un Arabe sur une plage aveuglée de soleil. La seconde partie suit sa prison et son procès, où le tribunal juge moins le meurtre que son indifférence, et s’achève sur son refus de l’aumônier et son ouverture à la tendre indifférence du monde.

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Suivre les arguments

Une voix blanche : Des phrases brèves au passé composé enregistrent sensations et actes sans les expliquer, si bien que le lecteur rencontre le monde comme Meursault, sans commentaire intérieur. Le procès : L’accusation fait de son calme à l’enterrement la preuve d’une âme criminelle ; comme Camus l’écrira, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. L’indifférence du monde : Face à l’exécution, Meursault refuse toute consolation et se sent heureux dans un monde qui ne se soucie pas de lui : lucidité absurde plutôt que désespoir.

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Continuer la lecture

Lisez les deux parties comme un diptyque, en notant comment la seconde réécrit les faits de la première dans la langue du tribunal, puis lisez la préface de 1955 rédigée par Camus pour l’édition américaine. Esquissé dès 1938, achevé à Paris en mai 1940 et publié par Gallimard en juin 1942, le roman forme avec Le Mythe de Sisyphe et Caligula le cycle de l’absurde. Sa narration à la première personne, neutre et au passé composé, doit beaucoup au roman américain ; Sartre lui consacre en 1943 une étude célèbre. La critique postcoloniale a interrogé l’anonymat de la victime, et Kamel Daoud y a répondu en 2013 par un roman raconté par le frère du mort.

L’idée à garder.

Meursault est condamné pour avoir refusé de jouer le jeu des sentiments attendus ; le roman met à nu cette exigence sociale tout en laissant sa victime sans voix.

À votre tour de penser.

  1. Pourquoi le procès s’attarde-t-il sur l’attitude de Meursault à l’enterrement de sa mère plutôt que sur le meurtre lui-même ?
  2. Qu’est-ce qui change dans notre lecture lorsqu’on remarque que l’homme tué par Meursault ne reçoit jamais de nom ?
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