L’Âme et les Vertus
Lisez l’Ordo Virtutum comme un drame chanté du choix, de la chute et du retour, où la musique elle-même marque la différence entre le bien et le mal.
Introduction originale. Ce guide accompagne la lecture de l’œuvre et n’en constitue ni le texte intégral ni une traduction.
Situer le texte
Composé sans doute vers 1151, peut-être pour la nouvelle communauté du Rupertsberg ou pour la consécration de son église en 1152, le drame est conservé avec ses mélodies dans le grand manuscrit de Wiesbaden qui rassemble ses œuvres, tandis qu’un texte plus bref clôt le Scivias. On le présente souvent comme le plus ancien drame moral connu ; sa mise en scène par une communauté de moniales relève de la reconstruction. Drame chanté en latin où l’Âme, d’abord joyeuse, se laisse persuader par le Diable d’abandonner les Vertus pour jouir du monde, puis revient blessée et repentante et se voit accueillie de nouveau par les Vertus que conduit l’Humilité, tandis que le Diable, qui ne peut que crier et jamais chanter, est enchaîné. Un prologue des Patriarches et des Prophètes et un chant final sur les plaies du Christ encadrent l’action.
Suivre les arguments
Le parcours de l’Âme : Anima passe de l’innocence à la révolte puis au retour : le drame met en scène la conversion comme un choix dont toute la communauté est témoin et soutien. La musique et le Diable : Tous les personnages chantent, sauf le Diable, dont les cris parlés montrent qu’il est coupé de l’harmonie céleste. Des Vertus en personne : L’Humilité, la Charité, la Crainte de Dieu, l’Obéissance et d’autres Vertus parlent comme des compagnes qui enseignent, reprennent et guérissent, non comme des règles abstraites.
Continuer la lecture
Lisez le texte avec un enregistrement à portée de main, en suivant les répliques parlées du Diable face aux parties chantées, puis comparez la version plus brève qui termine le Scivias. Composé sans doute vers 1151, peut-être pour la nouvelle communauté du Rupertsberg ou pour la consécration de son église en 1152, le drame est conservé avec ses mélodies dans le grand manuscrit de Wiesbaden qui rassemble ses œuvres, tandis qu’un texte plus bref clôt le Scivias. On le présente souvent comme le plus ancien drame moral connu ; sa mise en scène par une communauté de moniales relève de la reconstruction.
L’Ordo Virtutum rend la vie morale audible : l’harmonie appartient aux Vertus, et le retour de l’Âme est un retour au chant.
À votre tour de penser.
- Pourquoi le Diable parle-t-il quand tous les autres personnages chantent, et que suggère ce choix sur la conception hildegardienne de la musique ?
- Qu’offrent les Vertus à l’Âme lorsqu’elle revient, et comment la communauté prend-elle part à sa conversion ?
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