Un savant parmi les princes
Explorez l’autobiographie comme registre de maîtres, de charges et de voyages, et comme autoportrait façonné par l’auteur de la Muqaddima.
Introduction originale. Ce guide accompagne la lecture de l’œuvre et n’en constitue ni le texte intégral ni une traduction.
Situer le texte
Rédigée d’abord comme section finale du Kitâb al-ʿIbar et menée jusqu’en 1395, elle est ensuite révisée et prolongée jusqu’en 1405, un an avant la mort de l’auteur. C’est l’une des autobiographies les plus détaillées de la littérature arabe médiévale, même si elle en dit bien plus sur sa vie publique que sur sa vie intérieure ; ses dernières pages relatent la rencontre avec Tamerlan. Connue sous le titre al-Taʿrîf, ou Ibn Khaldoun et son voyage d’Occident et d’Orient, cette autobiographie retrace sa généalogie, présente ses maîtres et les textes étudiés auprès d’eux, puis suit sa carrière dans les cours du Maghreb, d’al-Andalus et d’Égypte, en citant au passage lettres, poèmes et documents officiels.
Suivre les arguments
Maîtres et savoir : De longues notices sur ses maîtres, surtout al-Âbilî, montrent comment le savoir passait par l’enseignement personnel, les licences et le voyage au sein des réseaux savants du Maghreb. Vie de cour : Faveurs, intrigues, prison et fuites offrent un témoignage direct sur l’instabilité du pouvoir que la Muqaddima analyse en termes généraux. Rencontre avec Tamerlan : Devant Damas en 1401, il répond aux questions du conquérant sur le Maghreb et sur l’histoire, mêlant flatterie, prudence et observation aiguë.
Continuer la lecture
Lisez d’abord le récit de la rencontre avec Tamerlan, revenez ensuite aux sections sur Fès et Grenade, et demandez-vous comment l’auteur façonne le récit de sa propre carrière pour l’accorder aux leçons de son histoire. Rédigée d’abord comme section finale du Kitâb al-ʿIbar et menée jusqu’en 1395, elle est ensuite révisée et prolongée jusqu’en 1405, un an avant la mort de l’auteur. C’est l’une des autobiographies les plus détaillées de la littérature arabe médiévale, même si elle en dit bien plus sur sa vie publique que sur sa vie intérieure ; ses dernières pages relatent la rencontre avec Tamerlan.
L’autobiographie présente une vie vécue au cœur de l’instabilité que décrit la Muqaddima, racontée avec une réserve délibérée sur sa part intime.
À votre tour de penser.
- Que révèlent les notices sur ses maîtres de la transmission du savoir dans le Maghreb de sa jeunesse ?
- Comment Ibn Khaldoun présente-t-il sa conduite devant Tamerlan, et que nous apprend ce choix sur ses intentions d’écrivain ?
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