Pensées pour moi-même
Texte / traduction : Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805–1895) · Édition : 1876
Ces textes historiques peuvent employer une orthographe ou un vocabulaire anciens. L’édition d’origine est conservée : il ne s’agit pas d’une nouvelle traduction.
Source et éditionLivre VI (suite)
XLI. Quand pour des choses qui ne relèvent pas de ta libre préférence[91], tu t’imagines qu’elles sont ou un bien ou un mal pour toi, il faut nécessairement, lorsque ce mal vient à te frapper ou lorsque ce bien t’échappe, que tu t’en prennes aux Dieux, ou que tu détestes les hommes, qui sont les auteurs réels, ou que tu soupçonnes d’être les auteurs, de tes mécomptes ou de ta souffrance. Dans tout cela, nous ne sommes si souvent injustes qu’à cause de l’importance que nous y attachons. Si les choses qui ne dépendent que de nous étaient les seules qui nous parussent bonnes ou mauvaises, il ne nous resterait plus le moindre prétexte, ni d’accuser Dieu[92], ni de faire à l’homme la guerre acharnée d’un ennemi.
XLII. Nous concourons tous[93] à l’accomplissement d’une seule et même œuvre, les uns avec pleine connaissance et avec pleine docilité ; les autres, dans une ignorance absolue[94]. C’est ainsi que, même en dormant, comme le disait, je crois, Héraclite[95], on travaille et l’on coopère à ce qui se passe dans le monde. Chacun y concourt dans une sphère différente ; et par surcroît, celui-là même y concourt qui critique le plus amèrement les choses, et qui essaye de remonter le courant et d’anéantir la réalité. C’est que le monde avait besoin de cette résistance même. Comprends donc enfin dans quels rangs tu veux te placer ; car Celui qui ordonne toutes choses se servira toujours de toi admirablement bien, et il t’accueillera dans le nombre de ceux qui travaillent à son œuvre et qui le secondent. Seulement, toi, ne va pas te faire une partie de l’ensemble analogue à ce vers plat et ridicule qui, dans la pièce, tient la place dont Chrysippe a parlé[96].
XLIII. Est-ce que le soleil veut jouer le rôle de la pluie ? Est-ce le rôle de la Terre, « mère des fruits, » que prétend jouer Esculape ? Est-ce que chacun des astres, tout différents qu’ils sont entre eux, ne concourent pas tous au même but ?
XLIV. Si les Dieux ont décrété ce que je dois être et tout ce qui doit m’arriver dans cette vie, leurs décrets sont admirables ; car un Dieu sans sagesse, ce n’est pas même chose facile à se figurer. Et par quel motif imaginable les Dieux pourraient-ils jamais songer à me faire du mal ? Que pourrait-il leur en revenir, soit pour eux d’abord, soit pour cette universelle communauté des choses, qui est le plus cher objet de leur providence ? Si l’on me dit qu’ils ne se sont pas occupés de moi en particulier, du moins ils se sont occupés bien certainement de l’ordre général, lequel doit me faire accueillir et aimer tout ce qui m’arrive comme sa conséquence nécessaire. Croire que les Dieux ne s’occupent en rien de nous[97], c’est une impiété ; car alors nous n’avons plus à leur offrir ni sacrifices, ni prières, ni serments ; il n’y a plus aucun sens à tant d’autres actes que nous faisons, et qui supposent toujours que les Dieux sont présents et qu’ils partagent notre vie. Mais, que si à toute force les Dieux ne s’occupent en rien de ce qui nous regarde, il m’est du moins permis de m’occuper de moi-même[98] ; je puis réfléchir à ce qui importe à chacun de nous. Or ce qui importe à chacun de nous, c’est de se conduire selon son organisation et sa nature. Mais ma nature est essentiellement raisonnable et sociable[99]. La cité, la patrie, pour moi comme pour Antonin[100], c’est Rome[101] ; mais en tant que je suis un être humain, ma patrie, c’est le monde ; il n’y a de choses bonnes pour moi que celles qui sont utiles aux cités diverses[102] dont je fais partie.
XLV. Ce qui nous arrive est toujours pour le bien de l’ensemble. Il ne nous en faudrait pas déjà davantage. Mais en y regardant de plus près, tu verras que le plus généralement ce qui est utile à un individu l’est en même temps à bien d’autres. Et ici l’utile s’étend d’autant plus loin qu’il concerne les choses indifférentes et moyennes[103] de la vie.
XLVI. C’est comme les spectacles de l’amphithéâtre et les autres amusements de cette sorte, dont on se dégoûte à force de voir toujours les mêmes choses[104], et où l’uniformité rend la répétition des mêmes objets intolérable. On éprouve aussi une répugnance analogue durant le cours de la vie ; car, du haut jusqu’en bas, les choses sont les mêmes, et elles ont les mêmes causes. Ainsi donc, jusques à quand[105] ?
XLVII. Songe sans cesse à cette prodigieuse diversité d’hommes qui sont morts dès longtemps, de mœurs si différentes, de peuples si divers ; et descends, si tu le veux, jusqu’à un Philistion, un Phœbus, un Origanion[106]. Passe ensuite à d’autres classes de gens ; et dis-toi que c’est là qu’il faut un jour aussi nous rendre, là où sont déjà tant d’habiles orateurs, tant de graves philosophes, Héraclite, Pythagore, Socrate ; tant de héros des âges antérieurs, tant d’hommes de guerre venus après eux, tant de tyrans. Ajoute à tous ces noms un Eudoxe[107], un Hipparque, un Archimède, et une foule de tant d’autres natures d’esprits, ceux-ci pénétrants, magnanimes, laborieux, ceux-là capables de tout, égoïstes, railleurs impitoyables de la vie même de l’homme, si mêlée, si éphémère, un Ménippe[108] par exemple, et tous ceux de son espèce. Compte un peu depuis combien de temps ils gisent en terre. Qu’y a-t-il donc là de si terrible pour eux ? À plus forte raison, quel malheur est-ce donc pour ceux dont le nom n’a pas même survécu ? Ainsi, il n’y a vraiment qu’une seule chose qui soit digne du plus grand prix : c’est de traverser la vie, dévoué à la vérité et à la justice, et doux envers les hommes[109], bien qu’ils soient trompeurs et méchants.
XLVIII. Quand tu veux te ménager quelque joie[110], tu n’as qu’à songer aux qualités éminentes de ceux qui vivent avec toi, à l’activité de l’un, à la modestie de l’autre ; à la générosité d’un troisième, et à tant d’autres perfections que plusieurs possèdent. Il n’est pas de plus grand plaisir[111] que de contempler ces images de la vertu, brillant dans le caractère ou la conduite de nos amis, multipliées et se répétant aussi souvent qu’il le faut. C’est ainsi qu’on peut les avoir présentes à l’esprit toutes les fois qu’on le veut.
XLIX. Est-ce que tu t’affliges de ne peser que tant de livres et de n’en point peser trois cents ? Ne t’afflige donc pas non plus de n’avoir à vivre que tant d’années et non davantage. Et de même que tu te contentes du poids qui a été assigné à ton corps, de même aussi sache te contenter du temps qui t’est accordé.
L. Efforçons-nous de persuader les gens ; mais, s’ils ne t’écoutent pas, n’en agis pas moins selon les lois de la justice, qui doit seule te conduire. Que si quelqu’un arrête ton action en t’opposant la force, tâche alors de bien prendre la chose et de ne pas t’en chagriner. Que l’obstacle même qui te gêne soit l’occasion pour toi de t’exercer à une autre vertu[112]. Souviens-toi que ton désir ne pouvait être que conditionnel, et que tu ne peux désirer rien d’impossible. Que voulais-tu donc en effet ? Rien que de former en toi ce même désir[113] ; or, tu as atteint ce but ; et ainsi le résultat que nous poursuivions est obtenu.
LI. Quand on aime la gloire, on fait consister son propre bien dans l’acte d’autrui[114] ; quand on aime son plaisir, on place son bien dans sa satisfaction propre ; mais, si l’on est vraiment intelligent, on ne place jamais son bien que dans l’acte qu’on accomplit soi-même
LII. Il m’est possible de m’abstenir de tout jugement[115] sur une chose, et de faire qu’elle ne trouble point mon âme ; car les choses ne sont pas par elles-mêmes de nature à pouvoir former nos jugements.
LIII. Accoutume-toi à écouter sans distraction[116] intérieure ce qu’un autre te dit ; et, autant qu’il est possible, entre dans la pensée[117] de la personne qui te parle.
LIV. Ce qui n’est pas utile à l’essaim[118] ne peut pas non plus être utile à l’abeille.
LV. Si les passagers injuriaient le pilote, si les malades injuriaient le médecin qui les soigne, pourraient-ils avoir une autre intention que de pousser le pilote à sauver l’équipage, ou le médecin à guérir ses malades ?
LVI. Combien de ceux avec qui je suis entré dans le monde en sont déjà partis[119] !
LVII. Quand on a la jaunisse, le miel paraît amer ; l’homme qu’a mordu un chien enragé a horreur de l’eau ; les enfants trouvent que leur balle est la plus belle du monde. Pourquoi donc est-ce que je m’emporte[120] ? Crois-tu qu’une idée fausse[121] agisse moins vivement sur les esprits que la bile sur le malade atteint de la jaunisse, ou que le virus, sur le malade atteint de la rage ?
LVIII. Personne au monde ne peut t’empêcher[122] de vivre selon la loi raisonnable de ta nature propre ; et rien ne peut t’arriver jamais contre la loi de la commune nature.
LIX. Qu’est-ce que sont les gens[123] auxquels on s’efforce de plaire ! Et pour quels résultats ! Et par quels moyens ! Avec quelle rapidité le temps effacera tout cela[124] ! Et combien de choses n’a-t-il pas déjà effacées !
Notes de la traduction de 1876 :
1. L’intelligence qui la gouverne. Ici Marc-Aurèle distingue Dieu et le monde aussi nettement que possible, évitant la confusion qu’il a semblé parfois commettre, bien qu’elle ne soit pas le fond de sa pensée. Voir plus haut, liv. V., § 8.
2. Ne peut trouver en soi aucun motif de mal faire. Dans le Timée, Platon exprime la même pensée : « Disons la cause qui a porté le suprême ordonnateur à produire et à composer cet univers. Il était bon ; et celui qui est bon n’a aucune espèce d’envie… Celui qui est parfait en bonté n’a pu et ne peut rien faire qui ne soit très-bon. » P. 119, traduction de M. V. Cousin. La Bible dit aussi, Genèse, ch. i, verset 31 : « Dieu vit que tout ce qu’il avait fait était excellent. » Cette perfection de Dieu, s’étendant à ses œuvres, est le solide fondement de l’optimisme.
3. Quand tu fais ce que tu dois. Il me semble que tout ceci est comme un écho du Criton de Platon. « Il faut souffrir sans murmurer tout ce que la patrie nous commande de souffrir, fût-ce d’être battu ou chargé de chaînes ; si elle nous envoie à la guerre pour y être blessés ou tués, il faut y aller ; le devoir est là, et il n’est permis ni de reculer, ni de lâcher pied, ni de quitter son poste. » Criton, p. 148, traduction de M. V. Cousin.
4. Si l’on te blâme, ou si l’on te loue. Dans le Criton, Socrate ne fait pas plus de compte de l’opinion vulgaire, quand il s’agit du devoir, Ibid., p. 140.
5. Le dedans des choses. C’est l’expression même du texte. Cette pensée a été développée tout au long plus haut, liv. III, § 11. Le précepte donné ici est plein de sagesse pratique ; mais on a beau se mettre en garde contre l’apparence, elle a toujours bien des séductions. — Sénèque a dit : « Souvenez-vous principalement de séparer les choses du bruit qu’elles font et de les considérer seulement en elles-mêmes. Vous trouverez qu’elles n’ont rien de terrible que la peur qu’on en a. » Épître XXIV, à Lucilius.
6. L’intelligence qui régit l’univers. La doctrine est ici toute spiritualiste, comme plus haut, liv. V, § 30 ; et l’intelligence divine est profondément distinguée du monde, qu’elle gouverne avec une puissance et une bonté infinies.
7. Connaît les conditions où elle opère. On pourrait comprendre aussi comme l’ont fait quelques traducteurs : « Connaît ce qu’elle est ». Bossuet, en terminant le Discours sur l’histoire universelle, a dit : « Ne parlons plus de hasard ni de fortune, ou parlons-en seulement comme d’un nom dont nous couvrons notre ignorance. Ce qui est hasard à l’égard de nos conseils incertains est un dessein concerté dans un conseil plus haut, c’est-à-dire dans ce conseil éternel qui renferme toutes les causes et tous les effets dans un même ordre. De cette sorte, tout concourt à la même fin ; et c’est faute d’entendre le tout que nous trouvons du hasard et de l’irrégularité dans les rencontres particulières. »
8. Contre eux. Eux signifie ici : Les méchants. Mais le texte est encore plus vague que la traduction. Il dit simplement : « Le meilleur moyen de se défendre, c’est de ne pas ressembler. » La pensée d’ailleurs ne peut faire le moindre doute.
9. En te souvenant toujours de Dieu. C’est le fondement d’une piété raisonnable et solide.
10. À la communauté. Dans ce passage, le mot de communauté doit s’entendre dans le sens le plus large, ainsi qu’on l’a vu plus haut, liv. V, § 35. C’est la société de l’homme, d’abord avec ses semblables, puis avec les choses, et enfin, avec Dieu ; c’est la société universelle, dont nous sommes une partie, laquelle doit toujours s’efforcer d’être en harmonie avec le tout.
11. Qui se donne comme il veut l’éveil et le mouvement. C’est le libre arbitre de l’homme ; le stoïcisme y a cru avec une énergie qui a fait sa principale grandeur, et qu’aucune autre doctrine n’a surpassée. Il est impossible d’être, sous ce rapport, plus spiritualiste qu’il ne l’a été.
12. Sous les couleurs qu’il veut leur donner. Non pas de manière à changer les choses elles-mêmes, mais à régler, avec pleine indépendance, les impressions qu’elles nous donnent.
13. Et non pas suivant une autre nature. La pensée n’est pas très-nettement exprimée ; et l’on peut y voir tout à la fois l’affirmation de l’unité de Dieu, et aussi une sorte de panthéisme qui l’identifierait avec le monde.
14. Unité, ordre, providence. C’est ce que nous atteste la raison aidée de la science ; c’est aussi ce que nous attestent notre instinct et l’observation la plus superficielle.
15. J’adore. Sentiment d’une parfaite piété, qui se retrouve dans toutes les pensées de Marc-Aurèle, qu’il a exprimé plus vivement peut-être qu’aucun stoïcien, mais qui appartenait aussi à toute l’école.
16. Ma ferme confiance. C’est la foi de Socrate, que Platon a exprimée dans le Criton et dans le Phédon. Il faut aussi, sur tous ces grands sujets, lire Sénèque et le méditer.
17. Reviens à toi le plus vite que tu peux. Excellent conseil, qui devient facile à pratiquer quand on s’habitue à cet examen de soi-même et à cette surveillance constante. Pour retrouver et reconnaître l’équilibre, il faut d’abord l’avoir connu et senti. On le rétablit plus vite dès qu’une fois on sait bien ce qu’il est.
18. L’équilibre et l’harmonie. Il n’y a que ce dernier et unique mot dans le texte.
19. Entre ta belle-mère et ta mère. Il peut sembler, au premier coup d’œil, qu’il y a là quelque recherche ; mais cette comparaison prend beaucoup de réalité et de grandeur par l’application qu’en fait Marc-Aurèle.
20. La cour et la philosophie. Par la Cour, il faut entendre ici le maniement des affaires et l’administration ; et, pour un empereur romain, c’était le gouvernement du monde. C’est uniquement sous ce rapport que Marc-Aurèle met la cour à côté de la philosophie, dont autrement elle serait manifestement trop loin.
21. Qui te rend supportable ce que tu vois… tu t’y fais supporter toi-même. Ce dernier trait est touchant ; et il y a bien peu de cœurs qui, dans une situation si haute, se diraient à eux-mêmes de telles vérités.
22. Des mets et des plats. Le choix de ces exemples peut sembler assez singulier ; celui qui suit sur les plaisirs du sexe l’est peut-être encore davantage. L’idée, sans doute, est juste ; mais il était possible de recourir à d’autres images, celles-là n’étant pas nécessaires. La dernière surtout est rendue avec une crudité étonnante, que j’ai adoucie, mais que je ne pouvais faire disparaître.
23. Savoir au juste ce qu’elles sont en soi. C’est la même pensée que plus haut, § 3, et dans le liv. III, § 11.
24. Les mettre à nu. C’est l’expression même du texte ; et, dans ce qui précède, Marc-Aurèle vient de le faire comme il le recommande.
25. Ce faste orgueilleux. Il ne faut pas perdre de vue que c’est un empereur qui parle.
26. Ce que Cratès dit de Xénocrate. On ne sait pas à quoi ceci peut faire allusion.
27. Les objets qu’admire la foule. Marc-Aurèle distingue trois degrés successifs dans l’admiration que les hommes peuvent ressentir pour les objets dont ils sont entourés ou qu’ils observent. Leur admiration peut s’adresser d’abord à des choses inanimées dans la nature, puis à des êtres animés. Des êtres animés, mais qui ne sont que des brutes, on peut passer aux êtres intelligents, appliquant leurs facultés à leurs besoins ou à leurs désirs.
28. L’âme raisonnable, universelle et sociable. C’est le degré le plus élevé de l’âme ; elle est douée de raison, elle comprend tout, elle se soumet à toutes les lois de la société où elle vit.
29. D’aucune des âmes d’une autre espèce. C’est ainsi qu’il faut restreindre, à ce qu’il semble, l’expression un peu vague du texte. Il ne s’agit pas d’arriver à la conception de l’âme divine, mais seulement à la conception de l’âme douée de raison et capable de vertu, que l’homme porte en lui-même. La fin du paragraphe me semble le prouver.
30. Sur ce fleuve. Voir plus haut, liv. II, § 17, des idées et des expressions analogues. Cette métaphore est une des plus naturelles du monde ; et c’est ainsi que Lamartine a dit : « Ne pourrons-nous jamais sur l’Océan des âges, Jeter l’ancre un seul jour ? »
31. Aimer un de ces passereaux. Image frappante et douce. Ceci, d’ailleurs, ne veut pas dire qu’il ne faut rien aimer, ni ne s’attacher à rien. Mais il faut connaître la valeur des choses et ne pas les estimer plus que leur prix, quelque chères qu’elles puissent être.
32. L’existence n’est guère autre chose. Il n’est question ici que de l’existence matérielle, et elle n’est guère, en effet, que ce que dit Marc-Aurèle.
33. En la restituant à la source. Ceci n’implique pas nécessairement la destruction de l’âme ; mais c’est bien, en effet, la destruction de notre corps.
34. Transpirer comme le font les plantes. C’est peut-être l’observation la plus ancienne qu’on puisse citer de la respiration des plantes. Il est clair, d’ailleurs, que cette opinion devait être fort répandue parmi les savants pour que Marc-Aurèle l’eût recueillie.
35. Est-ce d’être loué et applaudi ? Un empereur sait mieux que personne ce que valent les louanges du vulgaire et la gloire humaine.
36. Les acclamations, les cris d’enthousiasme. Comme ceux que les empereurs pouvaient entendre au Colisée ou au Grand Cirque.
37. L’organisation qu’on a. Voir plus haut, liv. V, § 16, et plus loin, liv. VII, § 55.
38. La science. Le texte dit précisément : L’art.
39. Les précepteurs et les maîtres. On a pu voir, par le premier livre tout entier, quelle reconnaissance profonde Marc-Aurèle avait vouée aux maîtres qui avaient fait son éducation. Il leur attribue à peu près tout ce qu’il vaut.
40. Tu feras bien peu de cas de tout le reste. Marc-Aurèle pouvait citer son propre exemple ; et il avait été le premier à profiter des conseils qu’il donne aux autres.
Droits et provenance
Texte intégral des douze livres et notes de la traduction de 1876, publiée à Paris chez Germer-Baillière. Marc Aurèle et Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, mort en 1895, sont dans le domaine public en France. Transcription Wikisource réutilisée avec attribution ; les éventuelles contributions protégées restent sous CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/). Seuls les retours à la ligne et la présentation ont été adaptés. Sources, liens vers les versions et mentions conservés dans /texts/meditations-barthelemy-fr-source.txt. Vérifié le 28 octobre 2026 ; les règles peuvent différer hors de France.
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