Confucio / Lingua del testo : francese

Lun-Yu, ou les Entretiens philosophiques

Testo / traduzione : Guillaume Pauthier (1801–1873) · Edizione : 1846

I testi storici possono usare ortografia o vocaboli antichi. L’edizione originale viene conservata: non è una nuova traduzione.

Fonte ed edizione

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Chapitre VIII (continua)

10. L'homme qui se plait dans les actions courageuses et viriles, s'il éprouve les privations et les souffrances de la misère, causera du trouble et du désordre; mais l'homme qui est dépourvu des vertus de l'humanité, les souffrances et les privations même lui manquant, causera beaucoup plus de troubles et de désordres.

11. Le Philosophe dit: Supposé qu'un homme soit doué de la beauté et des talents de Tcheou-koung, mais qu'il soit en même temps hautain et d'une avarice sordide, ce qui lui reste de ses qualités ne vaut pas la peine qu'on y fasse attention.

12. Le Philosophe dit: Il n'est pas facile de trouver une personne qui pendant trois années se livre constamment à l'étude [de la sagesse] sans avoir en vue les émoluments qu'elle peut en retirer.

13. Le Philosophe dit: Celui qui a une foi inébranlable dans la vérité, et qui aime l'étude avec passion, conserve jusqu'à la mort les principes de la vertu, qui en sont la conséquence.

Si un État se trouve en danger de révolution [par suite de son mauvais gouvernement], n'allez pas le visiter; un pays qui est livré au désordre ne peut pas y rester. Si un empire se trouve gouverné par les principes de la droiture et de la raison, allez le visiter; s'il n'est pas gouverné par les principes de la raison, restez ignorés dans la retraite et la solitude.

Si un État est gouverné par les principes de la raison, la pauvreté et la misère sont un sujet de honte; si un État n'est pas gouverné parles principes de la raison, la richesse et les honneurs sont alors les sujets de honte[40].

14. Le Philosophe dit: Si vous n'occupez pas des fonctions dans un gouvernement, ne donnez pas votre avis sur son administration.

15. Le Philosophe dit: Comme le chef de musique nommé Tchi, dans son chant qui commence par ces mots: Kouan-tsiu-tchi-louan, avait su charmer l'oreille par la grâce et la mélodie!

16. Le Philosophe dit: Être courageux et hardi sans droiture, hébété sans attention, inepte sans sincérité; je ne connais pas de tels caractères.

17. Le Philosophe dit: Étudiez toujours comme si vous ne pouviez jamais atteindre [au sommet de la science], comme si vous craigniez de perdre le fruit de vos études.

18. Le Philosophe dit: O quelle élévation, quelle sublimité dans le gouvernement de Chun et de Yu! et cependant il n'était encore rien à leurs yeux.

19. Le Philosophe dit: O qu'elle était grande la conduite de Yao dans l'administration de l'empire! qu'elle était élevée et sublime! il n'y a que le ciel qui pouvait l'égaler en grandeur; il n'y a que Yao qui pouvait imiter ainsi le ciel! Ses vertus étaient si vastes et si profondes, que le peuple ne trouvait point de noms pour leur donner!

O quelle grandeur! quelle sublimité dans ses actions et ses mérites! et que les monuments qu'il a laissés de sa sagesse sont admirables!

20. Chun avait cinq ministres; et l'empire était bien gouverné.

Wou-wang disait: J'ai pour ministres dix hommes d'État habiles dans l'art de gouverner.

KHOUNG-TSEU dit: Les hommes de talent sont rares et difficiles à trouver; n'est-ce pas la vérité? A partir de l'époque de Chang (Yao) et de Yu (Chun) jusqu'à ces ministres (de Wou-wang), pleins de mérites, il y a eu une femme, ainsi que neuf hommes de talent; et voilà tout.

De trois parties qui formaient l'empire (Wen-wang) en eut deux, avec lesquelles il continua à servir la dynastie de Yn. La vertu du fondateur de la dynastie des Tcheou peut être appelée une vertu sublime.

21. Le Philosophe dit: Je ne vois aucun défaut dans Yu! il était sobre dans le boire et le manger, et souverainement pieux envers les esprits et les génies. Ses vêtements ordinaires étaient mauvais et grossiers; mais comme ses robes et ses autres habillements de cérémonies étaient beaux et parés! Il habitait une humble demeure; mais il employa tous ses efforts à faire élever des digues et creuser des canaux pour l'écoulement des eaux. Je ne vois aucun défaut dans Yu.

[38] Fils ainé de Taï-wang, des Tchéou.

[39] L'héritier du trône.

[40] Ces admirables principes n'ont pas besoin de commentaire».

Chapitre IX

COMPOSÉ DE 30 ARTICLES.

1. Le Philosophe parlait rarement du gain, du destin [ou mandat du ciel, ming] et de l'humanité [la plus grande des vertus].

2. Un homme du village de Ta-hiang dit: Que KHOUNG-TSEU est grand! cependant ce n'est pas son vaste savoir qui a fait sa renommée.

Le Philosophe ayant entendu ces paroles, interpella ses disciples en leur disant: Que dois-je entreprendre de faire? Prendrai-je l'état de voiturier, ou apprendrai-je celui d'archer? Je serai voiturier.

3. Le Philosophe dit: Autrefois on portait un bonnet d'étoffe de lin, pour se conformer aux rites; maintenant on porte un bonnet de soie comme plus économique; je veux suivre la multitude. Autrefois on s'inclinait respectueusement au bas des degrés de la salle de réception pour saluer son prince, en se conformant aux rites; maintenant on salue en haut des degrés. Ceci est de l'orgueil. Quoique je m'éloigne en cela de la multitude, je suivrai le mode ancien.

4. Le Philosophe était complètement exempt de quatre choses: il était sans amour-propre, sans préjugés, sans obstination et sans égoïsme.

5. Le Philosophe éprouva des inquiétudes et des frayeurs à Kouang. Il dit: Wen-wang n'est plus; la mise en lumière de la pure doctrine ne dépend-elle pas maintenant de moi?

Si le ciel avait résolu de laisser périr cette doctrine, ceux qui ont succédé à Wen-wang, qui n'est plus, n'auraient pas eu la faculté de la faire revivre et de lui rendre son ancien éclat. Le ciel ne veut donc pas que cette doctrine périsse. Que me veulent donc les hommes de Kouang?

6. Un Taï-tsaï, ou grand fonctionnaire public, interrogea un jour Tseu-koung en ces termes: Votre maître est-il un saint? N'a-t-il pas un grand nombre de talents?

Tseu-koung dit: Certainement le ciel lui a départi presque tout ce qui constitue la sainteté, et, en outre, un grand nombre de talents.

Le Philosophe ayant entendu parler de ces propos, dit: Ce grand fonctionnaire me connait-il? Quand j'étais petit, je me suis trouvé dans des circonstances pénibles et difficiles; c'est pourquoi j'ai acquis un grand nombre de talents pour la pratique des affaires vulgaires. L'homme supérieur possède-t-il un grand nombre de ces talents? Non, il n'en possède pas un grand nombre.

Lao (un des disciples de KHOUNG-TSEU) dit: Le Philosophe répétait souvent: «Je ne fus pas employé jeune dans les charges publiques; c'est pourquoi je m'appliquai à l'étude des arts.»

7. Le Philosophe dit: Suis-je véritablement en possession de la science? je n'en sais rien[41]. Mais s'il se rencontre un ignorant qui me fasse des questions, tant vides soient-elles, j'y réponds de mon mieux, en épuisant le sujet sous toutes ses faces.

8. Le Philosophe dit: L'oiseau nommé Foung ou Foung-ling ne vient pas, le fleuve ne fait pas sortir de son sein le [tableau sur lequel est figuré le dragon]. C'en est fait de moi.

9. Lorsque le Philosophe voyait quelqu'un en habits de deuil, ou portant le bonnet et la robe de magistrat, ou aveugle, quand même il eut été plus jeune que lui, il se levait à son approche [s'il se trouvait assis]. S'il passait devant lui assis, le Philosophe accélérait le pas.

10. Yen-youan s'écria en soupirant: Si je considère la doctrine de notre maître, je ne vois rien de plus élevé; si je cherche à la pénétrer, je ne trouve rien de plus impénétrable; si je la regarde comme devant mes yeux et me précédant, aussitôt elle m'échappe et me fuit.

Mon maître m'a cependant conduit pas à pas; il a développé graduellement mon esprit, car il savait admirablement captiver les hommes par ses paroles; il a étendu beaucoup mes connaissances dans les sciences qui constituent l'éducation, et il m'a surtout fait étudier le Livre des Rites.

Si je voulais m'arrêter, je ne le pouvais pas. Quand j'avais épuisé toutes mes forces, [cette doctrine] était toujours là comme fixée devant moi à une certaine distance. Quoique j'aie désiré ardemment de l'atteindre, je n'ai pu y parvenir.

11. Le Philosophe étant très-malade, Tseu-lou lui envoya un disciple pour lui servir de ministre.

Dans un intervalle [de souffrance] que lui laissa la maladie, le Philosophe dit: N'y a-t-il pas déjà longtemps que Yeou (Tseu-lou) se conduit d'une manière peu conforme à la raison? Je n'ai pas de ministres, et cependant j'ai quelqu'un qui en fait les fonctions; qui trompé-je, de moi ou du ciel?

Plutôt que de mourir entre les mains d'un ministre, n'aurait-il pas mieux valu pour moi de mourir entre les mains de mes disciples? Quoique, dans ce dernier cas, je n'eusse pas obtenu de grandes funérailles, je serais mort dans la droite voie!

12. Tseu-koung dit: Si j'avais un beau joyau dans les circonstances actuelles, devrais-je le renfermer et le cacher dans une boîte, ou chercher à le vendre un bon prix? Le Philosophe dit: Vendez-le! vendez-le! Mais j'attendrais quelqu'un qui pût l'estimer sa valeur.

13. Le Philosophe témoigna le désir d'aller habiter parmi les Kieou-i, ou les neuf tribus barbares des régions orientales. Quelqu'un dit: Ce serait une condition vile et abjecte; comment avoir un pareil désir? Le Philosophe dit: Où l'homme supérieur, le sage, habite, comment y aurait-il bassesse et abjection?

14. Le Philosophe dit: Lorsque du royaume de Weï je retournai dans celui de Lou, je corrigeai et rectifiai la musique. Les chants compris sous les noms de Ya et de Soung [deux divisions du Livre des Vers] furent remis chacun à la place qu'ils doivent occuper.

15. Le Philosophe dit: Quand vous êtes hors de chez vous, rendez vos devoirs à vos magistrats supérieurs. Quand vous êtes chez vous, faites votre devoir envers vos père et mère et vos frères. Dans les cérémonies funèbres, ne vous permettez aucune négligence. Ne vous livrez à aucun excès dans l'usage du vin. Comment pourrais-je tolérer une conduite contraire?

16. Le Philosophe, étant sur le bord d'une rivière, dit: Comme elle coule avec majesté! elle ne s'arrête ni jour ni nuit!

17. Le Philosophe dit: Je n'ai encore vu personne qui aimât autant la vertu que l'on aime la beauté du corps.

18. Le Philosophe dit: Soit une comparaison: je veux former un monticule de terre; avant d'avoir rempli un panier, je puis m'arrêter; je m'arrête. Soit une autre comparaison: je veux niveler un terrain; quoique j'aie déjà transporté un panier de terre, j'ai toujours la liberté de discontinuer ou d'avancer; je puis agir d'une façon ou d'une autre.

19. Le Philosophe dit: Dans le cours de nos entretiens, celui dont l'esprit ne se lassait point, ne s'engourdissait point, c'était Hoeï.

20. Le Philosophe, parlant de Yen-youan (Hoeï), disait: Hélas! je le vis toujours avancer et jamais s'arrêter.

21. Le Philosophe dit: L'herbe pousse, mais ne donne point de fleurs; si elle donne des fleurs, elle ne produit point de graines mûres. Voilà où en est le sage!

22. Le Philosophe dit: Dès l'instant qu'un enfant est né, il faut respecter ses facultés; la science qui lui viendra par la suite ne ressemble en rien à son état présent. S'il arrive à l'âge de quarante ou de cinquante ans sans avoir rien appris, il n'est plus digne d'aucun respect.

23. Le Philosophe dit: Un langage sincère et conforme à la droite raison n'obtiendra-t-il pas l'assentiment universel? C'est un changement de conduite, une conversion à la vertu, qui est honorable et bien par-dessus tout. Un langage insinuant et flatteur ne causera-t-il pas de la satisfaction à celui qui l'entend? c'est la recherche du vrai qui est honorable et bien par-dessus tout. Éprouver de la satisfaction en entendant un langage flatteur, et ne pas rechercher le vrai; donner son assentiment à un langage sincère et conforme à la droite raison, et ne pas se convertir à la vertu: c'est ce que je n'ai jamais approuvé et pratiqué moi-même.

24. Le Philosophe dit: Mettez toujours au premier rang la droiture du cœur et la fidélité; ne contractez point d'amitié avec ceux qui ne vous ressemblent pas; si vous commettez une faute, alors ne craignez pas de changer de conduite.

25. Le Philosophe dit: A une armée de trois divisions (un corps de 37,500 hommes) on peut enlever son général [et la mettre en déroute]; à l'homme le plus abject ou le plus vulgaire, on ne peut enlever sa pensée!

26. Le Philosophe dit: S'il y a quelqu'un qui, vêtu d'habits les plus humbles et les plus grossiers, puisse s'asseoir sans rougir à côté de ceux qui portent les vêtements les plus précieux et les plus belles fourrures, c'est Yeou!

«Sans envie de nuire et sans désirs ambitieux,

A quelle action simple et vertueuse n'est-on pas propre[42]?»

Tseu-lou (Yeou) avait sans cesse la maxime précédente à la bouche. Le Philosophe dit: C'est à l'étude et à la pratique de la droite raison qu'il faut surtout s'appliquer; comment suffirait-il de faire le bien?

Diritti e provenienza

Les vingt chapitres du Lun-Yu dans la traduction française de Guillaume Pauthier publiée en 1846, avec les notes de cette édition. Les autres livres et l’introduction du volume source sont exclus. Le texte ancien et Pauthier, mort en 1873, sont dans le domaine public en France. Les marqueurs typographiques de l’édition numérique ont été retirés. Fichier Gutenberg original, crédits et licence conservés dans /texts/analects-pauthier-fr-source.txt. Vérifié le 28 octobre 2026 ; les règles peuvent différer selon les pays.

Texte historique dans le domaine public en France. Source et conditions Project Gutenberg conservées.

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