Confucio / Lingua del testo : francese

Lun-Yu, ou les Entretiens philosophiques

Testo / traduzione : Guillaume Pauthier (1801–1873) · Edizione : 1846

I testi storici possono usare ortografia o vocaboli antichi. L’edizione originale viene conservata: non è una nuova traduzione.

Fonte ed edizione

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Chapitre X (continua)

15. Si quelqu'un de ses amis venait à mourir, n'ayant personne pour lui rendre les devoirs funèbres, il disait: Le soin de ses funérailles m'appartient.

Recevait-il des présents de ses amis, quoique ce fussent des chars et des chevaux, s'il n'y avait pas de viande qu'il pût offrir comme oblation à ses ancêtres, il ne les remerciait par aucune marque de politesse.

16. Quand il se livrait au sommeil, il ne prenait pas la position d'un homme mort; et lorsqu'il était dans sa maison, il se dépouillait de sa gravité habituelle.

Si quelqu'un lui faisait une visite pendant qu'il portait des habits de deuil, quand même c'eût été une personne de sa connaissance particulière, il ne manquait jamais de changer de contenance et de prendre un air convenable; s'il rencontrait quelqu'un en bonnet de cérémonie, ou qui fût aveugle, quoique lui-même ne portât que ses vêtements ordinaires, il ne manquait jamais de lui témoigner de la déférence et du respect.

Quand il rencontrait une personne portant des vêtements de deuil, il la saluait en descendant de son attelage; il agissait de même lorsqu'il rencontrait les personnes qui portaient les tablettes sur lesquelles étaient inscrits les noms des citoyens[46].

Si l'on avait préparé pour le recevoir un festin splendide, il ne manquait jamais de changer de contenance et de se lever de table pour s'en aller.

Quand le tonnerre se faisait entendre tout à coup, ou que se levaient des vents violents, il ne manquait jamais de changer de contenance [de prendre un air de crainte respectueux envers le ciel][47].

17. Quand il montait sur son char, il se tenait debout ayant les rênes en mains.

Quand il se tenait au milieu, il ne regardait point en arrière, ni ne parlait sans un motif grave; il ne montrait rien du bout du doigt.

18. Il disait: Lorsque l'oiseau aperçoit le visage du chasseur, il se dérobe à ses regards, et il va se reposer dans un lieu sûr.

Il disait encore: «Que le faisan qui habite là au sommet de la colline sait bien choisir son temps [pour prendre sa nourriture]!» Tseu-lou ayant vu le faisan, voulut le prendre; mais celui-ci poussa trois cris, et s'envola.

[44] Les princes ou grands vassaux qui gouvernent le royaume. (TCHOU-HI.)

[45] Cette usage est maintenu en Chine jusqu'à nos jours. Voyez les divers relations d'ambassades européennes la cour de l'empereur de la Chine.

[46] Quels beaux sentiments, et comme ils relèvent la dignité de l'homme!

[47] Commentaire chinois.

Chapitre XI

COMPOSÉ DE 25 ARTICLES.

1. Le Philosophe dit: Ceux qui les premiers firent des progrès dans la connaissance des rites et dans l'art de la musique sont regardés [aujourd'hui] comme des hommes grossiers. Ceux qui après eux et de notre temps ont fait de nouveaux progrès dans les rites et dans la musique sont regardés comme des hommes supérieurs.

Pour mon propre usage, je suis les anciens.

2. Le Philosophe disait: De tous ceux qui me suivirent dans les Etats de Tchin et de Tsaï, aucun ne vient maintenant à ma porte [pour écouter mes leçons].

Ceux qui montraient le plus de vertu dans leur conduite étaient Yan-youan, Min-tseu-kian, Jan-pe-nieou et Tchoung-koung; ceux qui brillaient par la parole et dans les discussions étaient Tsaï-ngo, et Tseu-koung; ceux qui avaient le plus de talents pour l'administration des affaires étaient Jan-yeou et Ki-lou; ceux qui excellaient dans les études philosophiques étaient Tseu-yeou et Tseu-hia.

3. Le Philosophe dit: Hoeï ne m'aidait point [dans mes discussions][1]; dans tout ce que je disais, il ne trouvait rien dont il ne fût satisfait.

4. Le Philosophe dit: O quelle piété filiale avait Min-tseu-kian! Personne ne différait là-dessus de sentiment avec le témoignage de ses père et mère et de ses frères.

5. Nan-young trois fois par jour répétait l'ode Pe-koueï du Livre des Vers. KHOUNG-TSEU lui donna la fille de son frère en mariage.

6. Ki-kang-tseu demanda lequel des disciples du Philosophe avait le plus d'application et d'amour pour l'étude. KHOUNG-TSEU répondit avec déférence: C'était Yan-hoeï qui aimait le plus l'étude! mais, malheureusement, sa destinée a été courte; il est mort avant le temps. Maintenant c'en est fait; il n'est plus!

7. Yan-youan étant mort, Yan-lou (père de Yan-youan) pria qu'on lui remit le char du Philosophe pour le vendre, afin de faire construire un tombeau pour son fils avec le prix qu'il en retirerait.

Le Philosophe dit: Qu'il ait du talent ou qu'il n'en ait pas, chaque père reconnaît toujours son fils pour son fils. Li (ou Pe-yu, fils de KHOUNG-TSEU) étant mort, il n'eut qu'un cercueil intérieur, et non un tombeau. Je ne puis pas aller à pied pour faire construire un tombeau [à Yan-youan]; puisque je marche avec les grands dignitaires, je ne dois pas aller à pied.

8. Yan-youan étant mort, le Philosophe dit: Hélas! le ciel m'accable de douleurs! hélas! le ciel m'accable de douleurs!

9. Yan-youan étant mort, le Philosophe le pleura avec excès. Les disciples qui le suivaient dirent: Notre maître se livre trop à sa douleur.

[Le Philosophe] dit: N'ai-je pas éprouvé une perte extrême?

Si je ne regrette pas extrêmement un tel homme, pour qui donc éprouverais-je une pareille douleur?

10. Yan-youan étant mort, ses condisciples désirèrent lui faire de grandes funérailles. Le Philosophe dit: Il ne le faut pas.

Ses condisciples lui firent des funérailles somptueuses.

Le Philosophe dit: Hoeï (Yan-youan) me considérait comme son père; moi je ne puis le considérer comme mon fils; la cause n'en vient pas de moi, mais de mes disciples.

11. Ki-lou demanda comment il fallait servir les esprits et les génies. Le Philosophe dit: Quand on n'est pas encore en état de servir les hommes, comment pourrait-on servir les esprits et les génies?--Permettez-moi, ajouta-t-il, que j'ose vous demander ce que c'est que la mort? [Le Philosophe] dit: Quand on ne sait pas encore ce que c'est que la vie, comment pourrait-on connaître la mort?

12. Min-tseu se tenait près du Philosophe, l'air calme et serein; Tseu-lou, l'air austère et hardi; Jan-yeou et Tseu-Koung, l'air grave et digne. Le Philosophe en était satisfait.

En ce qui concerne Yeou (ou Tseu-lou, dit-il), il ne lui arrivera pas de mourir de sa mort naturelle[2].

13. Les habitants du royaume de Lou voulaient construire un grenier public.

Min-tseu-kian dit: Pourquoi l'ancien ne servirait-il pas encore, et pourquoi agir comme vous le faites? Qu'est-il besoin de le changer et d'en construire un autre [qui coûtera beaucoup de sueurs au peuple][3]?

Le Philosophe dit: Cet homme n'est pas un homme à vaines paroles; s'il parle, c'est toujours à propos et dans un but utile.

14. Le Philosophe dit: Comment les sons de la guitare[4] de Yeou (Tseu-lou) peuvent-ils parvenir jusqu'à la porte de KHIEOU? [à cause de cela] les disciples du Philosophe ne portaient plus le même respect à Tseu-lou. Le Philosophe dit: Yeou est déjà monté dans la grande salle, quoiqu'il ne soit pas encore entré dans la demeure intérieure.

15. Tseu-koung demanda lequel de Sse ou de Chang était le plus sage? Le Philosophe dit: Sse dépasse le but; Chang ne l'atteint pas.

--Il ajouta: Cela étant ainsi, alors Sse est-il supérieur à Chang?

Le Philosophe dit: Dépasser, c'est comme ne pas atteindre.

16. Ki-chi était plus riche que Tcheou-koung, et cependant Kieou levait pour lui des tributs plus considérables, et il ne faisait que les augmenter sans cesse.

Le Philosophe dit: Il n'est pas de ceux qui fréquentent mes leçons. Les petits enfants doivent publier ses crimes au bruit du tambour, et il leur est permis de le poursuivre de leurs railleries.

17. Tchaï est sans intelligence.

San a l'esprit lourd et peu pénétrant.

Sse est léger et inconstant.

Yeou a les manières peu polies.

18. Le Philosophe dit: Hoeï, lui, approchait beaucoup de la voie droite! il fut souvent réduit à la plus extrême indigence.

Sse ne voulait point admettre le mandat du ciel; mais il ne cherchait qu'à accumuler des richesses. Comme il tentait beaucoup d'entreprises, alors il atteignait souvent son but.

19. Tseu-tchang demanda ce que c'était que la voie ou la règle de conduite de l'homme vertueux par sa nature. Le Philosophe dit: Elle consiste à marcher droit sans suivre les traces des anciens, et ainsi à ne pas pénétrer dans la demeure la plus secrète [des saints hommes].

20. Le Philosophe dit: Si quelqu'un discourt solidement et vivement, le prendrez-vous pour un homme supérieur, ou pour un rhéteur qui en impose?

21. Tseu-lou demanda si aussitôt qu'il avait entendu une chose [une maxime ou un précepte de vertu enseigné par le Philosophe] il devait la mettre immédiatement en pratique? Le Philosophe dit: Vous avez un père et un frère aîné qui existent encore [et qui sont vos précepteurs naturels]; pourquoi donc, aussitôt que vous auriez entendu une chose, la mettriez-vous immédiatement en pratique? Yan-yeou demanda également si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la mettre immédiatement en pratique? Le Philosophe dit: Aussitôt que vous l'avez entendue, mettez-la en pratique. Kong-si-hoa dit: Yeou (Tseu-lou) a demandé si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la mettre immédiatement en pratique? Le maître a répondu: Vous avez un père et un frère aîné qui existent encore. Khieou (Yan-yeou) a demandé si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la mettre immédiatement en pratique? Le maître a répondu: Aussitôt que vous l'avez entendue, mettez-la en pratique. Moi, Tchi (Kong-si-hoa), j'hésite [sur le sens de ces deux réponses]; je n'ose faire une nouvelle question. Le Philosophe dit: Quant à Khieou, il est toujours disposé à reculer; c'est pourquoi je l'aiguillonne pour qu'il avance: Yeou aime à surpasser les autres hommes; c'est pourquoi je le retiens.

22. Le Philosophe éprouva un jour une alarme dans Kouang. Yan-youan était resté en arrière. [Lorsqu'il eut rejoint], le Philosophe lui dit: Je vous croyais mort! [Le disciple] dit: Le maître étant vivant, comment Hoeï (Yan-youan) oserait-il mourir?

23. Ki-tseu-jan[5] demanda si Tchouang-yeou et Yan-khieou pouvaient être appelés de grands ministres.

Le Philosophe répondit: Je pensais que ce serait sur des choses importantes et extraordinaires que vous me feriez une question, et vous êtes venu me parler de Yeou et de Khieou!

Ceux que l'on appelle grands ministres servent leur prince selon les principes de la droite raison [et non selon les désirs du prince][6]; s'ils ne le peuvent pas, alors ils se retirent.

Maintenant Yeou et Khieou peuvent être considérés comme ayant augmenté le nombre des ministres.

Il ajouta: Alors ils ne feront donc que suivre la volonté de leur maître?

Diritti e provenienza

Les vingt chapitres du Lun-Yu dans la traduction française de Guillaume Pauthier publiée en 1846, avec les notes de cette édition. Les autres livres et l’introduction du volume source sont exclus. Le texte ancien et Pauthier, mort en 1873, sont dans le domaine public en France. Les marqueurs typographiques de l’édition numérique ont été retirés. Fichier Gutenberg original, crédits et licence conservés dans /texts/analects-pauthier-fr-source.txt. Vérifié le 28 octobre 2026 ; les règles peuvent différer selon les pays.

Texte historique dans le domaine public en France. Source et conditions Project Gutenberg conservées.

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