Moscou et Saint-Pétersbourg
Né à Moscou, fils d’un médecin d’hôpital, il étudie à l’École principale du génie, puis quitte le service pour écrire.
Une bibliothèque de pensée
Éprouver les idées dans des vies humaines.
Fiodor Dostoïevski est un romancier russe dont les fictions mettent en scène des arguments philosophiques à travers des personnages qui vivent, souffrent et agissent selon leurs idées. Ancien prisonnier politique condamné au bagne en Sibérie, il confronte la liberté, la culpabilité, la foi et les limites du calcul rationnel aux théories assurées de son époque, sans laisser une seule voix clore le débat.
Né à Moscou, fils d’un médecin d’hôpital, il étudie à l’École principale du génie, puis quitte le service pour écrire.
Son premier roman est salué par le critique Vissarion Biélinski comme les débuts d’un grand écrivain.
Arrêté avec le cercle de Petrachevski, il subit un simulacre d’exécution, quatre ans de bagne à Omsk et le service militaire avant de revenir à Saint-Pétersbourg.
Avec son frère Mikhaïl, il dirige les revues Le Temps et L’Époque ; la seconde publie Les Carnets du sous-sol en 1864.
Crime et Châtiment paraît en 1866 ; L’Idiot et Les Démons suivent, écrits pour l’essentiel à l’étranger auprès de sa seconde épouse, Anna Snitkina.
Le Journal d’un écrivain, le discours sur Pouchkine de 1880 et Les Frères Karamazov précèdent sa mort à Saint-Pétersbourg en 1881.
Né à Moscou en 1821, Fiodor Dostoïevski grandit dans la famille d’un médecin de l’hôpital Marie pour les pauvres. Après la mort de sa mère, il est envoyé à l’École principale du génie de Saint-Pétersbourg ; il quitte le service en 1844 pour écrire et traduit Eugénie Grandet de Balzac. Son premier roman, Les Pauvres Gens, paru en 1846, est salué par le critique Vissarion Biélinski, mais Le Double et les récits suivants sont accueillis plus froidement. En 1849, il est arrêté avec des membres du cercle de Petrachevski, où l’on discutait des idées socialistes françaises ; il y avait lu à voix haute la lettre interdite de Biélinski à Gogol.
En décembre 1849, les condamnés sont conduits place Semionovski pour y être fusillés, et la commutation de leur peine n’est annoncée qu’au dernier moment. Dostoïevski passe quatre ans au bagne d’Omsk, puis sert comme simple soldat à Semipalatinsk, où il épouse Maria Issaïeva en 1857. Rentré à Saint-Pétersbourg en 1859, il puise dans ses années de détention pour les Souvenirs de la maison des morts et dirige avec son frère Mikhaïl les revues Le Temps et L’Époque. Proche du mouvement du « retour au sol natal », il espère une réconciliation entre les classes instruites et le peuple russe, et l’Évangile lu au bagne demeure pour lui une référence durable.
En 1864, il publie Les Carnets du sous-sol, réponse polémique à l’égoïsme rationnel défendu dans Que faire ?, le roman de Nikolaï Tchernychevski paru en 1863. La même année, il perd sa femme et son frère, et se débat entre lourdes dettes et passion du jeu. Crime et Châtiment, publié en feuilleton dans Le Messager russe en 1866, fait de lui un romancier majeur ; pour honorer un contrat, il dicte Le Joueur à la sténographe Anna Snitkina, qu’il épouse en 1867. Le couple vit à l’étranger jusqu’en 1871 : Dostoïevski y écrit L’Idiot et Les Démons, roman inspiré par le meurtre commis par le groupe révolutionnaire de Sergueï Netchaïev.
De retour en Russie, il dirige l’hebdomadaire Le Citoyen, puis publie lui-même le Journal d’un écrivain, mélange de récits, de souvenirs et de commentaires politiques dont le nationalisme, la polémique anticatholique et les passages antisémites font partie du dossier. Après la mort de son jeune fils Aliocha en 1878, il se rend au monastère d’Optina Poustyn avec Vladimir Soloviev. Son discours sur Pouchkine, prononcé à Moscou en 1880, est accueilli avec enthousiasme, et Les Frères Karamazov, publiés en feuilleton en 1879 et 1880, couronnent son œuvre. Il meurt à Saint-Pétersbourg en 1881, laissant des romans que les philosophes liront de manières très différentes.
Nietzsche, Chestov, Berdiaev, Camus et Sartre l’ont lu comme un explorateur de la liberté et du nihilisme, et Mikhaïl Bakhtine a fait de ses romans le modèle d’une forme polyphonique où des voix indépendantes ne se fondent pas. Son nationalisme, son hostilité au catholicisme et les passages antisémites de son journalisme appartiennent aussi à cet héritage et appellent une lecture critique.
Sources & repères