Rationalisme · métaphysique des monades · 1646–1716

Gottfried Wilhelm Leibniz

Rien n’est sans raison.

Leipzig · Paris · Hanovre
Philosophie

Des idées pour déplacer le regard.

01

Monade

Une monade est une substance simple, sans parties, sans étendue ni figure. Toute sa vie consiste en perceptions, qui représentent le multiple dans l’un, et en appétitions, tendances qui la font passer d’une perception à l’autre ; les monades n’ont pas de fenêtres par lesquelles quelque chose pourrait entrer.

Une situation pour comprendre

Si l’on agrandissait une machine pensante jusqu’à la taille d’un moulin, on n’y trouverait en la visitant que des pièces qui se poussent, jamais une perception.

02

Harmonie préétablie

Puisque les substances créées n’agissent pas les unes sur les autres, Dieu a réglé leurs états dès l’origine de sorte que chacune se déploie selon sa propre loi tout en s’accordant exactement avec toutes les autres ; l’union de l’âme et du corps en est le cas le plus frappant.

Une situation pour comprendre

Deux horloges faites par un artisan parfait marquent la même heure sans aucun lien entre elles, parce que chacune a été construite pour aller juste.

03

Raison suffisante

À côté du principe de contradiction, qui régit les vérités nécessaires, Leibniz pose que rien n’est ni n’arrive sans une raison suffisante pour laquelle il en est ainsi et non autrement ; appliqué à toute la suite des choses contingentes, ce principe conduit à Dieu comme à leur dernière raison.

Une situation pour comprendre

Une balance chargée de poids égaux à distances égales reste en équilibre, car rien ne la fait pencher d’un côté plutôt que de l’autre.

04

Le meilleur des mondes possibles

L’entendement divin contient une infinité de mondes possibles ; la bonté de Dieu a choisi, et sa puissance a créé, celui qui unit la plus grande variété au plus grand ordre, même s’il comporte des maux qu’un monde moindre aurait évités.

Une situation pour comprendre

Un général d’armée aimera mieux une grande victoire avec une légère blessure qu’un état sans blessure et sans victoire.

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